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Ce n’est pas la défaite de la gauche, c’est la défaite du gouvernement et de François Hollande

culbuto-hollande

Ce dimanche, la gauche a perdu de nombreuses villes. On s’en doutait pour certaines comme Reims qui étaient miraculeusement passé à gauche en 2008. Pour d’autres, c’est un véritable coup de massue. En effet, des villes de gauche depuis des décennies sont passées à droite : Quimper, Limoges, Maubeuge, Tourcoing, Roubaix, Argenteuil, Niort, Villejuif, Pau, Henin-Beaumont… sont passées à droite voire pire à l’extrême-droite.

La gifle aux socialistes

Si c’est un séisme local pour les forces progressistes, c’est surtout une gifle nationale pour le gouvernement. Si ces villes sont passées vers les forces réactionnaires c’est le résultat d’une politique nationale mauvaise. Et le responsable de cette politique s’appelle François Hollande. Comment douter que le changement ne soit pas arrivé depuis 2 ans n’ait pas joué contre la gauche ? Le peuple a senti l’augmentation de la TVA voulue par Sarkozy mise en place par Hollande, le peuple a été effaré par l’histoire de cul de François Hollande se rappelant les Pingeot et Bruni. Et puis le pacte de responsabilité a certainement été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comment imaginer un pacte où l’Etat donne beaucoup sans aucune contrepartie ? Ca me fait penser au Grand Guignol que nous avait joué Moscovici avec les Pigeons. Rappelez-vous. Moscovici avait un projet d’augmenter l’impôt sur la cession d’une entreprise de beaucoup (passage de 10% à 40% environ). Bien entendu ça avait gueulé. Moscovici avait finement négocié. L’impôt était resté au même taux et il avait donné des contreparties aux entrepreneurs. Bref, il s’était aplati devant les patrons. S’étonner que nous perdions des villes n’est que le second effet kiss cool de la mauvaise gestion à la tête de l’Etat. D’ailleurs Pierre Moscovici lui-même a perdu à Valentigney dans le Doubs.

En 2008, le Parti Socialiste avait gagné 31 villes. Elle vient d’en perdre 61 à l’heure où j’écris. 577 villes étaient à gauche avant les élections sur les villes de plus de 9 000 habitants.sur 1088, elles sont désormais 634 dirigées par la droite. 77 villes de plus de 50 000 habitants étaient à gauche, elles sont désormais 68 à droite sur 122. Merci à France Télévision pour cette infographie.

municipales 2014 2nd tour

 

Et maintenant le changement ?

Et maintenant… Et maintenant… Le gouvernement va faire avec. Des rumeurs disent qu’Ayrault voulait démissionner dimanche soir. Il n’y a pas de doute qu’il y aura du changement dans les prochains jours. J’imagine que comme en 2001, les ministres ayant perdu devant les urnes seront renvoyés voire plus. Mais si le problème de communication est un problème de personne, la défaite montre aussi une défaite de la politique du gouvernement. Sans inclinaison forte de la politique gouvernementale, il n’y aura pas de changement. Et avec les Européennes qui se profilent dans deux mois, ne doutons pas que la giboulée de mars ne se transforme en tsunami électoral en juin si rien ne change.

Maintenant, Hollande a trois choix devant lui pour faire le changement : le changement centrisme électoral, le changement centrisme de gauche et le changement hollandiste.

culbuto-hollandeCommençons par le dernier cité car c’est certainement le plus certain d’arriver et le pire scénario. Hollande va virer Ayrault et il va installer à sa place un autre hollandiste pur jus qui n’a aucun caractère de leader. Donc on va avoir un socialiste du type Michel Sapin ou Bernard Cazeneuve. Nonobstant leurs indéniables autres qualités politiques, ce ne sont pas des leaders charismatiques comme ne le sont ni Hollande ni Ayrault. Pour le gouvernement, Hollande va prendre un culbuto et tout mélanger. Et là va arriver le jeu de chaise musical. Montebourg à la justice, Valls à l’économie, Taubira à la santé… Avec une ou deux entrées et sorties, le Premier Ministre propose la même politique. Le PS devient la 4e ou 5e force politique du pays derrière l’UMP, le FN, EELV et peut-être le Modem. La claque quoi. Harlem Désir, Premier Secrétaire du PS et premier de la liste PS en Ile-de-France n’est même pas élu car il fait moins de 5%. Ce n’est pas une claque, c’est la fin du Parti Socialiste.

Continuons avec le premier cité. Hollande pense déjà à 2017 et en bon analyste des tendances électorales, il comprend que s’il souhaite gagner en 2017, il doit continuer sa centralisation. Il prend donc un politique considéré comme centriste. Il demande à Manuel Valls ou François Rebsamen (qui aurait pu rentrer dans la première catégorie) de former un gouvernement. Ils virent ces sales gauchistes d’écolos du gouvernement et proposent à Marielle de Sarnez et François Bayrou d’entrer au gouvernement. Ils virent tous les socialistes marqués trop à gauche comme Benoit Hamon (mais ils gardent ceux qui ne font pas de bruit). Ils rameutent des grandes gueules parce qu’il y a besoin de grandes gueules pour recentrer leur politique et réduire les voix du Front National. Dans un élan de réconciliation nationale avec Marseille, Jean-Noël Guerini ou Patrick Menucci devient ministre et ils virent Marie-Arlette Carlotti (qui est aussi marseillaise). Il appellent Bertrand Delanoë qui, lui, sait s’imposer pour prendre un gros ministère. Par contre, ils n’appellent pas Martine Aubry parce qu’elle  a beaucoup trop de leadership qu’eux tous. Et puis c’est leur point commun entre eux, ils ne l’apprécient pas. Bien entendu, aux Européennes ça ne passe pas. Par contre, le Modem permet de faire quelques gros coups aux sénatoriales et aux régionales. En 2017, Hollande part seul au premier tour. Il ne passe pas le premier tour de 1000 voix derrière Marine Le Pen. Et ouais c’est pas les propos sécuritaires qui jouent sur l’évolution du FN mais l’évolution économique.

Terminons avec la dernière solution. Hollande comprend que son salut c’est un recentrage politique. Il décide de prendre un premier ministre un peu plus à gauche que lui pour faire bien. Plusieurs noms viennent à l’esprit directement : Martine Aubry, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou, Benoit Hamon, Arnaud Montebourg… Oui, j’exagère à propos de la liste de premiers ministrables. François Hollande, lui, ne pense pas que l’impôt c’est le degré zéro de la politique. Il y a de gros changements au sein du gouvernement. Moscovici part, il est remplacé par une personnalité reconnue de tous pour ses capacités économiques et qui ne fera pas trop faire peur aux patrons comme Gallois, Lauvergeon, Piketty, Strauss-Kahn… . Ben oui, Hollande veut bien abandonner sur certains points mais pas sur tous. Pour le reste, ce sont de grandes personnalités politiques charismatiques et de nouvelles et jeunes têtes qui entrent au gouvernement. On peut penser en plus des sus-cités à Cambadélis, Bachelay, le retour de Batho, Mazetier, Faure, Berger, Urvoas… Il y a aussi l’entrée du PCF qui abandonne le maoïsto-trotskiste Mélenchon. Au niveau des élections, les socialistes s’en sortent honorablement aux Européennes, ne perdent qu’une ou deux régions aux régionales et à la présidentielle, Hollande réussit son pari politique et bat le FN au second tour grâce à une croissance et une confiance retrouvée et à la dissidence de François Fillon après que la COCOE ait débattue pendant des semaines pour savoir si la triche dans les Hauts-de-Seine a profité à Copé, Wauquiez, Fillon ou Pecresse.

Enfin l’éventualité de ces trois hypothèses de remaniement et leurs conséquences ne sont le fruit que d’une masturbation intellectuelle que vous pourrez fort logiquement critiquer et que le futur pourra infirmer. Chacune d’entre elles est pessimiste pour les forces de gauche. Car aujourd’hui, je suis pessimiste. Demain ira mieux. Peut-être.

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Municipales 2014 : premier bilan après les résultats du premier tour

Capure d'écran Le Figaro

Les Français ont rendu un premier verdict et ce n’est pas une branlée pour la gauche ni pour la droite même si ces deux formations n’ont pas gagné. Le seul vainqueur c’est le Front National. Il n’y a rien d’étonnant à cela. La gauche suit une politique suicidaire au gouvernement, la droite est embourbée dans des affaires désastreuses que la victoire de certains chefs dans des villes sociologiquement bourgeoises n’appelle pas au triomphalisme. Il n’y a rien d’étonnant à voir des villes comme Puteaux (Ceccaldi-Raynault), Levallois-Perret (Balkany), Bordeaux (Juppé), Yerres (Dupont-Aignan), Meaux (Copé)… rester à dominance UMP.

De l’autre côté, des villes restent à gauche comme Bègles (Mamère), Abbeville (Dumont), Auch (Montagé), Les Mureaux (Garay), Tulle (Combes)… Si la gauche gagne certaines villes moyennes, elle n’a jamais gagné de grande ville dès le premier tour. Ce n’est donc pas étonnant.

Quant à l’extrême-droite, elle pavoise en faisant élire deux maires dès le premier tour à Orange et Hénin-Beaumont et en plaçant quelques autres dans de bonnes conditions pour se faire élire.

En parlant du Front National, Harlem Désir a appelé les candidats de gauche et de droite arrivés troisième à se désister pour un front républicain. Bien entendu, à droite, on ricane fort. Le front républicain n’est pas pour eux. A gauche aussi d’ailleurs on ricane fort. Patrick Menucci arrivé troisième à Marseille derrière l’UMP et le FN ne semble pas vouloir se désister. Harlem ne se fait même pas respecter par le candidat du gouvernement. Misère intellectuelle.

Capure d'écran Le Figaro

Capure d’écran Le Figaro

Si on continue dans la pantalonnade, on peut regarder ce qui s’est passé en Poitou-Charentes. A La Rochelle, le parachutage de Ségolène Royal continue de faire des ravages électoraux. La candidate socialiste est menacée par le divers gauche et ex-vice président de la région Poitou-Charentes. Niort fête une première depuis 60 ans. Dès le premier tour, le candidat de droite gagne. Plus près de Paris, à Montreuil-sous-bois, le candidat socialiste se prend une déculottée violente et finit derrière l’UMP. Ce n’est pas nouveau, il s’était déjà ramassé à Orly.

Il y a pourtant des espoirs sur lesquels s’appuyer. Des villes arrachés à la droite en 2008 comme Reims et Metz semblent bien partis pour rester à gauche alors que la droite misait sur ces villes pour crier victoire. Les deux plus grandes villes françaises que sont Paris et Lyon semblent suivre le même chemin.

Quel message portent les Français ?

Les Français, en 2012, voulaient le changement. Ils ont donc voté François Hollande. Mais dans le changement Hollande est bon en élection bien moins bon en action (euphémisme quand tu nous tiens). En alignant un gouvernement qui lui ressemble trop sauf les deux ministres (Valls et Montebourg) qui l’ont rallié à la primaire de la gauche, François Hollande n’a pas crée de dynamique du changement. Ce n’est pas un problème de communication. C’est un problème bien plus lourd qui allie le manque de complémentarité des ministres (ce gouvernement est l’équipe de l’Olympique de Marseille de cette année) et de fortes personnalités. Si l’on compare ce gouvernement à celui de Lionel Jospin, nous sommes en droit de nous demander où sont les Strauss-Kahn, Aubry, Guigou et Chevênement. Qui sont les moteurs de ce gouvernement ? 2 ans après, je n’ai pas la réponse à cette question.

Et c’est aussi une question de message politique. Quelle est la politique de ce gouvernement ? Où se situe il ? Les Français se le demandent. Les Français montrent leur impatience, leur frustration et leur colère face à des résultats qui ne viennent pas. Le changement était censé être maintenant en 2012. En 2014, le changement aurait déjà du être effectué ou au moins en bonne voie. Car c’est aussi ça le danger de ce slogan. Les Français se sont senti trahi et le montrent dans les urnes car de changement, ils ne le voient pas.

J’ai lu ici ou là chez mes amis socialistes de la tristesse, de la frustration, de l’étonnement face au résultat. Je ne comprends pas leur réaction. Il n’y a pas à être étonné de la tournure des événements, la sanction était prévisible. Il n’y a pas à être triste devant des résultats prévisibles. Et s’il y a de quoi être frustré, ce n’est pas parce que sa liste a fait un mauvais score au premier tour mais parce que ce gouvernement aujourd’hui se détache de sa base.

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Barack Obama me remercie

barack-obama-2012

Friend —

I’m about to go speak to the crowd here in Chicago, but I wanted to thank you first.

I want you to know that this wasn’t fate, and it wasn’t an accident. You made this happen.

You organized yourselves block by block. You took ownership of this campaign five and ten dollars at a time. And when it wasn’t easy, you pressed forward.

I will spend the rest of my presidency honoring your support, and doing what I can to finish what we started.

But I want you to take real pride, as I do, in how we got the chance in the first place.

Today is the clearest proof yet that, against the odds, ordinary Americans can overcome powerful interests.

There’s a lot more work to do.

But for right now: Thank you.

Barack

Moi aussi je te remercie Barack. 4 more years!

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Que conclure des ouragans à New York ?

Image prise sur la chaîne History

Image prise sur la chaîne History

Comme un ouragan sur New York

La ville de New York contrairement à ce qu’on pourrait penser a connu de nombreux ouragans depuis sa fondation. Selon la page Wikipedia qui liste les ouragans à New York, il y en a eu 96 depuis 1275. Il est fort probable qu’il y en a eu plus avant 1800 mais comme tout comptage avant une certaine date, la liste n’est pas  exhaustive. Si l’on regarde les ouragans au cours du XIXème siècle et ceux du XXe siècle, on se rend compte que le nombre d’ouragans a plus que doublé passant de 24 à 47 ouragans. Et si l’on regarde les deux périodes les plus récentes (1975 à 1999 puis le début du XXIème siècle), le nombre d’ouragans qu’a connu New York est quasiment identique pour un nombre d’années deux fois moindres.

Si les ouragans font moins de victimes à New York, c’est principalement grâce à la qualité des habitations plus solides, mieux préparées à subir les assauts ainsi que des outils météorologiques plus performants. Quand on compare aux dégâts que provoquent les ouragans en Haïti, on se rend compte de l’importance d’avoir des habitations plus solides entre autres.

Se protéger des ouragans est une chose mais comment les ouragans se forment-ils ? Personnellement, je n’en ai aucune idée. Je suis donc allé voir sur Internet et particulièrement ce site canadien (les Canadiens sont nos Suisses d’Amérique, ils sont neutres). Et ils expliquent comment se forme un ouragan :

  1. L’air chaud et humide se déplace à la surface de l’océan.
  2. La vapeur d’eau monte dans l’atmosphère.
  3. En montant, la vapeur d’eau refroidit et se condense en gouttes d’eau.
  4. La condensation libère la chaleur dans l’atmosphère et allège l’air.
  5. L’air réchauffé continue à monter; l’humidité de l’océan prend sa place et augmente la vitesse du vent.

Réchauffement climatique et ouragan

Mais ceci n’explique pas pourquoi il y a une augmentation des ouragans sur New York. Dans un article du Monde, on nous explique que si le nombre d’ouragans dans le monde est stable, la force des ouragans est de plus en plus importante car l’eau de l’océan est plus chaude à cause du réchauffement climatique et le réchauffement climatique fait fondre la calotte glacière ce qui augmente le niveau général des mers et océans ce qui fragilise les littoraux. Ainsi on comprend mieux que si les ouragans qui se développent dans la mer des Caraïbes sont plus forts, il y en a plus qui atteindront New York.

Réaction politique suite à l’ouragan Sandy

Dès lors, il n’est pas étonnant de voir le maire de New York et magnat de la presse financière, Michael Bloomberg, appeler à voter pour Barack Obama contre Mitt Romney considéré comme climato-sceptique. Pour rappel, l’ouragan Sandy a fait fermer la Bourse de New York d’où Bloomberg tire une partie de ses revenus. Il faut dire que la fermeture de Wall Street n’arrive pas souvent : la panique financière de 1873, une tempête de neige en 1888 la 1ère guerre mondiale, la crise de 1929, les attentats du Wall Trade Center, le tournage du clip de Rage Against the Machine par Michael Moore (clip ci-dessous) et l’ouragan Sandy.


Gageons que l’intervention de Michael Bloomberg n’est pas qu’une volonté de garantir dans le futur la protection de son entreprise mais que c’est aussi une question de protéger ses administrés d’ouragans de plus en plus violents. Son soutien à Barack Obama va donc dans ce sens même si le bilan de Barack Obama en terme de lutte contre le changement climatique est contrasté. Si l’administration Obama a bien fait des lois pour inciter dans l’innovation des cleantech en mettant sur la table 15 milliards de dollars, elle n’a jamais signé le protocole de Kyoto et l’accord de Copenhague qui prend sa suite est une vaste supercherie qui n’impose aucun objectif contraignant de réduction de l’effet de serre.

C’est aussi une façon de faire toute américaine. Au lieu de se focaliser sur la réparation, le peuple américain recherche l’innovation disruptive, celle qui permet de prendre du recul sur le problème posé quand on est face à une impasse et de trouver une solution en prenant le sujet d’une autre manière. Mais est-ce que les Américains seront prêts à changer leur façon de vivre après Sandy ?

Là est la question.

Bonus track (tout de même moins bon que Rage Against the Machine, je vous l’accorde)

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Mitt Romney sur la voie de la victoire

SuperPac

Oui Mitt Romney est en train de gagner la bataille. Une bataille bien spécifique qui a un véritable impact sur la vie des Américains. Mitt Romney est en train de gagner la bataille de l’argent. Pour la dizaine de jours restants, les Républicains ont encore 45 millions de dollar à dépenser de plus que les Démocrates selon l’équipe de campagne de Barack Obama.

Dans les démocraties occidentales, l’argent est le nerf de la guerre. Qui aura assez d’argent pour communiquer ses idées auprès du peuple ? Qui saura s’installer dans tous les foyers ? Qui affichera la plus belle image de candidat ? C’est entre autre une question d’argent. En France, les partis ayant le plus dépensés sont ceux qui sont arrivés premiers. Ceux qui ont reçus le plus de dons aussi. Mais celui qui avait le plus gros budget n’a pas gagné. Mais aux Etats-Unis la donne n’est pas la même. Les sommes dépensées sont bien plus importantes qu’il faut mettre en parallèle avec la taille du pays. Pourtant ces 45 millions de dollars de plus pour ces 10 derniers jours restent un véritable avantage pour l’équipe de Mitt Romney. L’équipe de campagne de Barack Obama l’a bien compris. Depuis quelques jours les appels pressants aux appels aux dons se multiplient mettant en avant l’écart énorme entre le candidat républicain et eux. Argent nerf de la campagne présidentielle.

Cette bataille perdue de Barack Obama est de la faute de la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis. En effet, cette instance de 9 membres (4 démocrates, 5 républicains) a voté la fin de la limitation du financement des Super PAC (Political Action Committee) qui permettent de financer des publicités pour ou contre des candidats. Et cette libéralisation du financement de la politique se fait toujours en faveur des puissants et des plus riches. Donc des Républicains. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire la tribune des 98 gestionnaires des plus grandes entreprises françaises qui demandent : la baisse de leurs impôts, ceux de leur entreprise, l’augmentation de l’impôt des plus pauvres et la suppression de la moitié des services publics (mais ça ils ne l’écrivent pas noir sur blanc). Ces gens de ce côté-ci de l’Atlantique comme de l’autre financent la droite quoi qu’il arrive.

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Drapeau j’aurai ta peau

Et voilà qu’ils s’amusent à nouveau avec les drapeaux. Regardez à Bastille, il y avait des drapeaux pas français ! Et ouais, il n’y avait pas que des drapeaux français. Est-ce un crime ? Je  ne le crois pas.

J’ai vu des drapeaux ivoiriens, syriens, tunisiens ou marocains. Et aussi des drapeaux français. A Vincennes, j’étais à côté d’un type qui avait un drapeau catalan. Comment se fait-il que des drapeaux étrangers (mettons de côté les catalans) soient présent à une soirée présidentielle, rassemblement de tous les partisans du candidat élu ? D’abord parce que la France n’est pas le Liechtenstein. La France a une histoire dans le monde et un poids historique. Il fait partie des membres permanents de l’ONU. Un changement de président est un changement de diplomatie. Une voix qui compte dans la vie publique.

A Bastille, j’étais à côté d’une femme qui portait un drapeau ivoirien. Son discours étais simple. Elle appelait François Hollande à soutenir les socialistes ivoiriens soit Laurent Gbagbo. Nonobstant toute considération politique quant à Alassane Ouattara, le président ivoirien qui a battu Gbagbo et qui est un proche de Nicolas Sarkozy, en quoi cette femme n’avait-elle pas droit de soutenir son candidat ? Rien. Aurait-il fallu exfiltré cette femme qui ne collait pas avec l’image d’Epinal que la droite aurait aimé voir ? Bien sûr que non. Il n’y a aucune raison de l’interdire de manifester. D’autant plus que le Parti Socialiste a été clair sur ses relations avec Laurent Gbagbo en demandant son exclusion de l’Internationale Socialiste.

Il y avait d’autres drapeaux à la Bastille : des drapeaux syriens, tunisiens, péruviens, marocains, algériens, européens… Si les communautés importantes de Français originaires de pays du Maghreb peuvent facilement expliquer les drapeaux marocains, algériens et tunisiens ce qui relancerait la polémique sur le fait qu’ils ne soient pas intégrés, j’aimerais bien que m’explique les rigolos sur la présence de drapeaux syriens et péruviens. Sérieusement, vous croyez qu’il y a tant d’immigrés syriens et péruviens en France ? Vous pensez vraiment que ces personnes là défilent drapeau au poing pour défier le pouvoir en place ? Non. Bien sûr que non. Ils sont venus à la Bastille pour célébrer la victoire des idées auxquelles ils croient. Ils sont venus pour participer à un mouvement populaire gigantesque. Qu’ils soient Français ou étrangers, ils sont venus communier et agiter leur fanion pour faire exploser leur joie.

Et puis la célébration de la Bastille est-elle si différente de ce que l’on a pu voir lors de l’élection de Jacques Chirac en 2002 à République et de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Et bien non. En 2002 et en 2007, il y avait des drapeaux étrangers. La preuve en image :

Le drapeau belge lors de la célébration de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 :

Le drapeau marocain lors de la célébration de Jacques Chirac en 2002 :

Nous attendons avec impatience la réaction de Jean-François Copé sur ces drapeaux pas très blanc bleu qui ont soutenu ses candidats.

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Ce n’est pas un rêve, François Hollande est bien Président de la République

Un goût âcre et persistant en bouche au réveil. Après avoir fêté pendant deux jours ce 6 mai 2012 historique, je me suis réveillé en sursaut à 5 heures du matin. Et si c’était un rêve ? Et si en fait, François Hollande avait perdu ? Et si Nicolas Sarkozy était réélu pour 5 ans de plus ? J’ai pensé à Sarkofrance. 5 ans que tous les jours de toutes les semaines il est devant son écran d’ordinateur et fait les chroniques de cette France sous Sarkozy. Pendant 5 ans il vécut en ascète se nourrissant de sa chronique du sarkozysme, pourrait-il tenir le choc ? Je ne le crois pas. Et je pense aux autres à ces anonymes de l’écran ou pas. A ceux qui sont morts avant de connaître ça à nouveau. A ceux trop jeunes qui – je l’espère – n’espérerons pas revivre cette Bastille en ébullition en 2027, 25 ans après la dernière victoire de la gauche.

Aujourd’hui 8 mai, c’est la fête de la Victoire. Pas de la victoire de la gauche mais celle de 1945. La République sur la Barbarie. Ce sera aussi le début de la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande qui sera officiel le 15 mai. Ils seront tous les deux aux commémorations. François Hollande va devoir rentrer dans le costume de président. Il a déjà commencé. Exit le yacht de Bolloré en mouillage à Malte, le Président de la République ira en Corrèze se reposer. Il devra nommer un gouvernement paritaire avec autant d’hommes que de femmes mêlant la nouvelle gauche entre personnalités politiques ayant déjà l’expérience ministérielle ceux qui n’en ont pas encore et personnalités non politiques. Le Président pourrait faire appel à un Lilian Thuram (champion du monde de football), un Axel Kahn (prix nobel de médecine) ou une Anne Lauvergeon (première femme patronne d’une entreprise du CAC40) et d’autres.

Nous ne sommes pas dans un rêve, nous sommes bien dans la réalité. Cette réalité nous oblige à regarder de front notre futur et ne pas nous voiler la face. Nous allons au-devant de grands défis : permettre la croissance, gérer la crise, restaurer l’Europe, garder la confiance des investisseurs étrangers, faire peur aux prédateurs, redonner confiance au peuple de France en son gouvernement et surtout en eux, faire accepter qu’il n’y aura pas de révolution et que si le changement est en marche, il ne sera pas perceptible tout de suite, redonner goût au valeurs de la France pour faire diminuer le vote d’extrême-droite. Et tant d’autres défis…

Nous portons à gauche beaucoup d’espoir et nous ne devons pas décevoir. La France a un chemin parsemé d’embûches et le nouveau président a au moins 60 rendez-vous devant les Français. J’espère qu’il les tiendra. Nous sommes nombreux à vouloir l’aider. Nous serons nombreux à être présents pour soutenir son action comme pour lui dire qu’il dévie de sa feuille de route ou que son action n’est pas comprise par les Français. Nous sommes nombreux à savoir que si nous nous plantons, nous aurons en 2017 un second tour entre Jean-François Copé et Marine Le Pen. A nous de tout faire pour éviter cette fin et donner de la force au changement !

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Enquête au tréfonds de la pensée de droite

Ne vous inquiétez pas. Je n’ai pas enquêté. Je laisse ça aux journalistes. Moi je suis aller curer. Je suis un curateur. Bref, le 22 avril 2012, Neuilly sur Seine la ville du clan Sarkozy -père, fils, ex-femmes- a donné une large victoire au candidat Sarkozy.

Liste des candidats Voix % Exprimés
Mme Eva JOLY 409 1,33
Mme Marine LE PEN 1 539 5,00
M. Nicolas SARKOZY 22 360 72,64
M. Jean-Luc MÉLENCHON 649 2,11
M. Philippe POUTOU 67 0,22
Mme Nathalie ARTHAUD 22 0,07
M. Jacques CHEMINADE 57 0,19
M. François BAYROU 2 292 7,45
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN 255 0,83
M. François HOLLANDE 3 132 10,17

Sarkozy fait donc un score stalinien à 72,64%. Pourtant, lorsqu’on écoute les Neuilléens pendant la campagne, on n’entend pas qu’un discours de droite républicaine. On entend aussi un discours en contradiction total avec la Droite Républicaine. Ainsi, après 5 ans de gouvernement, les reproches des Neuilléens envers la politique de Nicolas Sarkozy sont pèle-mêle :

– avoir fait une politique de gauche

– faire des cartes vitales nominatives pour ne pas payer pour toute une famille d’arabes

– les administrations sont surchargées donc il faut virer des fonctionnaires (vous noterez la logique de l’administration qui croule sous le travail donc il leur faut moins d’employés)
-l’immigration, on n’en peut plus

Mais pas que. Les votants de Nicolas Sarkozy ont d’autres chevaux de bataille. La peur. Voilà l’image caricatural de l’autre camp politique :
– c’est une catastrophe
– le désordre commence
– Je crains le chaos
– une candidature aberrante
– ce ne sera pas pour le bien d’autrui
– ce sont toujours les mêmes qui paient
– avec Hollande on fait de la France un pays bas (apprécions la recherche du jeu de mot)
– Hollande est très narcissique et se prend pour Napoléon
– il va nous taxer
– la France va perdre sa place dans le monde
– le Parti Socialiste va se rapprocher du Front National (sic)
– j’ai peur du vote des étrangers
– c’est Kadhafi à la présidentielle
– il n’y a que les jeunes qui votent à gauche et je ne comprends pas leur point de vue

En cadeau, je vous offre les vidéos de StreetPress sur les habitants de Neuilly-sur-Seine :

Bouclier fiscal vu d’Auteuil Neuilly et Passy

Supprimer l’ISF ou maintenir le bouclier fiscal

Bonus article

Mickael Vendetta donne une leçon à la gauche. A lire jusqu’au bout.

Voilà le tréfonds de la droite. La droite de Nicolas Sarkozy. Maintenant, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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Réponse à l’offre d’emploi de Président de la République CDD de 5 ans :après la vague, le ressac

Monsieur le candidat sortant, Nicolas Sarkozy,

Il y a quelques mois, nous accusions réception de votre candidature pour l’offre d’emploi de Président de la République, CDD de 5 ans. Par la présente lettre, nous vous donnons la possibilité de faire un second entretien auprès du peuple français. Néanmoins, nous tenons à mettre sous surveillance votre candidature.

Voici depuis hier le résultat de la vague que vous sentiez venir, vous finissez 2e derrière François Hollande. Votre campagne menée contre la viande halal, l’Europe et les pauvres a eu une résonance certaine auprès des Français. Ils ont mis Marine Le Pen à 18% et quelques. Vous êtes à peine à 27% tandis que François Hollande caracole à 28,5%. La vague n’était pas pour vous. Mais à gauche et à votre droite.

Vous vous gargarisiez il y a cinq de cela d’avoir siphonné le vote Front National. Force est de constater que votre siphon est bouché. Vous avez perdu votre socle d’électeurs malgré votre dynamisme diront vos admirateurs, à cause de votre agitation sans véritable action diront vos détracteurs. Vous avez échoué. Le 6 mai, le peuple de France confirmera la tendance forte qui a porté les voix de gauche à 44% au premier tour soit 7 points de plus qu’en 2007. Tout autre résultat serait un retournement de situation étonnant.

Voici les suites de votre possible défection le 6 mai prochain.

Après le 6 mai, vous verrez qu’après la vague, il y a le ressac. Le ressac, monsieur le candidat sortant est le retour violent de la vague contre un obstacle. L’obstacle c’est le peuple de France mené par de téméraires juges qui vous attendront le jour de la passation de pouvoir. Ils vous demanderont de nous expliquer les possibles malversations que vous avez mises en oeuvre pour le compte d’Edouard Balladur en 1995 et votre campagne de 2007. Ils vous questionneront sur votre rôle dans le Karachigate et l’argent des milliardaires Bettencourt. Ils vous demanderont quel fut votre rôle en tant que trésorier de la campagne d’Edouard Balladur tout en étant son ministre du Budget. Ils vous demanderont si vous ou l’un de vos amis avez reçu des enveloppes de la part des Bettencourt et ce qu’elles contenaient. Ce ressac, monsieur le candidat sortant, vous fera découvrir la Justice que vous avez créée où les mis en examen vont en prison avant d’avoir été jugé. Vous aurez l’honneur de découvrir le délabrement des prisons, la promiscuité où vous pourrez vous entretenir avec ces Français obligés de conduire sans permis et ces SDF obligés de voler pour trouver un toit… même en prison. Vous découvrirez la France que vous avez façonnez depuis 10 ans que vous êtes au pouvoir. Vous ne pourrez pas vous retrancher derrière l’anosognosie comme le précédent président.

Oserais-je le dire ? Le ressac ce n’est pas encore maintenant. Mais c’est pour très bientôt.

Veuillez accepter l’expression de nos salutations les meilleures.

Le peuple français par la voix d’Abadinte.

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Dernières recommandations avant le vote du 1er tour !

Dimanche, c’est fini pour le 1er tour. Les dés seront jetés. 8 candidats partiront en vacances… sur mars pour certains. D’autres rejoindront un des deux finalistes. Mais ça c’est toi lecteur qui le décide. Et pour bien décider voici mes dernières recommandations.

– Vérifie que tu as bien reçu les professions de foi, ça veut dire que t’es bien inscrit sur les listes électorales (l’inverse n’est pas vrai),

– Si tu as choisis ton candidat, munis-toi d’une carte d’identité (passeport ou carte d’identité),

– Si tu n’as pas choisi, je te propose quelques sites pour peaufiner ton choix :

– Si tu vas déjeuner avec ta famille et que t’as peur que ça finisse en pugilat, je te conseille de préparer tes arguments et c’est sur le blog de l’Express que je co-édite que j’en parle

– Si tu veux savoir les résultats avant l’heure, il faudra passer ton chemin car ce n’est pas ici que tu les auras mais en Belgique ou en Suisse. Mais franchement, à part te pavaner devant tes potes, ça sert à quoi ?

Et surtout bon vote !