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3e défaite électorale pour le Parti Socialiste, François Hollande doit radicalement changer de politique

francois hollande

[DISCLAIMER] Ceci est un coup de gueule d’un militant socialiste qui croit encore possible de voir le gouvernement réussir… à condition de changer rapidement de politique.

Hier, le candidat du Parti Socialiste a connu une lourde défaite électorale dans la circonscription laissée libre suite à la démission de Jérôme Cahuzac, un proche de François Hollande, qui connait des poursuites judiciaires pour avoir caché de l’argent au Fisc.

Cette élimination au premier tour du candidat socialiste fait suite aux défaites de socialistes dans les circonscriptions de l’étranger (Amérique du Nord et Europe du Sud). Cette troisième défaite à peine un an après l’élection de François Hollande est un message clair envers l’exécutif : « Nous  attendions le changement maintenant, nous n’avons pas vu de changement ».

Le changement se fait attendre et les Français commencent à se lasser de ce manque d’action à la tête du gouvernement. Ils veulent des paroles fortes suivies d’actions fortes. Et ce n’est pas le texte pitoyable sur l’Europe que le Parti Socialiste a fait voter qui va changer la donne. Cet écrit était tellement honteux, malvenu, mou et pour ne pas dire nul que je n’ai même pas pris la peine de me déplacer. C’est la première fois de ma vie de militant socialiste – depuis 2006- que je ne me suis pas déplacé pour aller voter.

Je commence personnellement à perdre patience devant l’inertie nuisible de ce gouvernement. Où sont les lois fortes qui devaient changer radicalement la France ? Où sont les mesures qui rétabliraient la justice et l’égalité dans ce pays ? Où sont les leaders qui prendraient à bras le corps les questions urgentes de notre société ?

Certaines personnalités du gouvernement n’ont jamais eu la carrure pour être ministre à un tel niveau. D’autres avaient déjà fait leur temps et la France n’avait plus besoin d’eux. Pas besoin de donner des noms, vous les connaissez. Ces multiples erreurs de casting accompagnées d’un manque fatal de dynamisme et de leadership dans les ministères clés font que la loi emblématique du gouvernement risque d’être le mariage pour tous. Si je suis favorable à cette loi et si je suis heureux pour mes amis homosexuels, j’aimerais que l’on se souvienne, dans 10 ou 15 ans, de François Hollande comme d’un président qui a sauvé la France du chômage et de la concurrence mondiale. J’aimerais que son nom résonne aussi puissamment que celui de Jospin et Aubry à propos des 35 heures et de la CMU ou de Mitterrand et des 39H, de l’intégration européenne et des loi Auroux. J’aimerais tellement qu’il laisse une marque plus profonde que Sarkozy qui en 5 ans a détruit sa seule et unique loi emblématique : le paquet fiscal.

Pour ça, François Hollande n’a pas le choix. Il va devoir changer radicalement de gouvernance pour faire des lois qui changent la vie de nos concitoyens. Et ces lois passent par plus de clarté, plus de courage, plus de créativité*. Car entre nous, ce ne sont ni les emplois d’avenir, ni les contrats de génération, ou les lois sur la croissance, les emplois et la compétitivité qui vont changer la donne dans ce pays.

*Clarté, Courage, Créativité est le texte d’une motion dirigée par Bertrand Delanoë en 2008 au Congrès de Reims que François Hollande a soutenu.

Photo de François Hollande prise par le Parti Socialiste

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Ce n’est pas un rêve, François Hollande est bien Président de la République

Un goût âcre et persistant en bouche au réveil. Après avoir fêté pendant deux jours ce 6 mai 2012 historique, je me suis réveillé en sursaut à 5 heures du matin. Et si c’était un rêve ? Et si en fait, François Hollande avait perdu ? Et si Nicolas Sarkozy était réélu pour 5 ans de plus ? J’ai pensé à Sarkofrance. 5 ans que tous les jours de toutes les semaines il est devant son écran d’ordinateur et fait les chroniques de cette France sous Sarkozy. Pendant 5 ans il vécut en ascète se nourrissant de sa chronique du sarkozysme, pourrait-il tenir le choc ? Je ne le crois pas. Et je pense aux autres à ces anonymes de l’écran ou pas. A ceux qui sont morts avant de connaître ça à nouveau. A ceux trop jeunes qui – je l’espère – n’espérerons pas revivre cette Bastille en ébullition en 2027, 25 ans après la dernière victoire de la gauche.

Aujourd’hui 8 mai, c’est la fête de la Victoire. Pas de la victoire de la gauche mais celle de 1945. La République sur la Barbarie. Ce sera aussi le début de la passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande qui sera officiel le 15 mai. Ils seront tous les deux aux commémorations. François Hollande va devoir rentrer dans le costume de président. Il a déjà commencé. Exit le yacht de Bolloré en mouillage à Malte, le Président de la République ira en Corrèze se reposer. Il devra nommer un gouvernement paritaire avec autant d’hommes que de femmes mêlant la nouvelle gauche entre personnalités politiques ayant déjà l’expérience ministérielle ceux qui n’en ont pas encore et personnalités non politiques. Le Président pourrait faire appel à un Lilian Thuram (champion du monde de football), un Axel Kahn (prix nobel de médecine) ou une Anne Lauvergeon (première femme patronne d’une entreprise du CAC40) et d’autres.

Nous ne sommes pas dans un rêve, nous sommes bien dans la réalité. Cette réalité nous oblige à regarder de front notre futur et ne pas nous voiler la face. Nous allons au-devant de grands défis : permettre la croissance, gérer la crise, restaurer l’Europe, garder la confiance des investisseurs étrangers, faire peur aux prédateurs, redonner confiance au peuple de France en son gouvernement et surtout en eux, faire accepter qu’il n’y aura pas de révolution et que si le changement est en marche, il ne sera pas perceptible tout de suite, redonner goût au valeurs de la France pour faire diminuer le vote d’extrême-droite. Et tant d’autres défis…

Nous portons à gauche beaucoup d’espoir et nous ne devons pas décevoir. La France a un chemin parsemé d’embûches et le nouveau président a au moins 60 rendez-vous devant les Français. J’espère qu’il les tiendra. Nous sommes nombreux à vouloir l’aider. Nous serons nombreux à être présents pour soutenir son action comme pour lui dire qu’il dévie de sa feuille de route ou que son action n’est pas comprise par les Français. Nous sommes nombreux à savoir que si nous nous plantons, nous aurons en 2017 un second tour entre Jean-François Copé et Marine Le Pen. A nous de tout faire pour éviter cette fin et donner de la force au changement !

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L’Europe pour les Socialistes

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logo du Parti SocialisteJe n’ai pas beaucoup de temps pour écrire ces derniers jours mais je reste toujours à l’affut de l’actualité. Alors que le Parti Socialiste sort son projet ces derniers jours, je pense qu’il est intéressant de ressortir des articles que j’ai écrit lors du Congrès de Reims où je faisais l’analyse des contributions socialistes sur l’Europe.

C’est d’abord un constat partagé. L’Europe doit agir comme une protection à la mondialisation libérale. Certains prônent une Europe protectionniste en mettant des règles sociales et écologiques sur les biens entrants en Europe. Pour ce faire, l’Europe doit être plus égale entre les pays qui la composent: l’Europe doit mener une harmonisation sociale et fiscale : impôt sur les sociétés identiques, mêmes droits sociaux à la sécurité sociale, un revenu minimum… L’Europe doit avoir un plus grand pouvoir d’action en menant de grandes politiques industrielles. L’Europe a un déficit démocratique auquel il faut remédier en donnant le pouvoir aux élus du Peuple.

Quoi qu’on puisse penser du Traité Constitutionnel Européen (j’ai voté oui), il a laissé des traces au Parti Socialiste. Celui-ci a recentré son discours à gauche. Le Parti Socialiste n’aurait jamais du laissé se passer ce déni de démocratie qu’a été la ratification du TCE bis par le Parlement alors que le Peuple français l’avait refusé. Ce déni démocratique a été ressenti comme une trahison des élites auprès du Peuple et la forte propension du Peuple noniste à ne pas voter socialiste et se tourner vers Marine Le Pen ou le Front de Gauche en est une des conséquences avec l’abstention.

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Islande, pays en ruine, se reconstruit

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25 citoyens ordinaires ont été élu par les Islandais pour mettre en place une Constituante visant à changer de fond en comble la Constitution islandaise.

Les 25 Islandais ont été élu parmi les 522 citoyens qui s’étaient déclarés intéressés par la nouvelle rédaction de la Constitution.

Il faut dire que l’Islande est le premier pays européen à être tombé en faillite suite à la crise des subprimes. L’Islande avait en effet basé son modèle économique sur la financiarisation. La nouvellle Constitution a pour but de faire repartir le pays. Et ce seront ces 25 Islandais qui en auront la charge.

Mais attention, comme le souligne Pascal Riché, ce n’est certainement pas une révolution anti-capitaliste. On ne passe pas du libéralisme financier au communisme rouge. Mais c’est une modalité assez surprenante. Certains socialistes verraient certainement d’un bon oeil cette démocratie participative. Seulement, 522 citoyens sur 300 000 habitants, à l’échelle de la France ça donne… 144 000 candidats pour 65 millions d’habitants et 5000 élus. Autant dire que la France n’est pas l’Islande…

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#Surletonhumoristique, j’aurais préféré que Marini n’existe pas!

philippe-marni-député

Photo sous Creatives Commons

Puisque Sarkozy a dit sur un ton humoristique que Viviane Reding et le Luxembourg accueille des Rroms et puisque le député Marini a déclaré sur un ton très sérieux qu’il aurait préféré que l’Allemagne et la France ne décide pas de la création du Grand Duché du Luxembourg et bien moi je déclarerais sur un ton humoristique que j’aurais préféré que Monsieur et Madame Marini ne se rencontre pas pour donner naissance au député Marini.

La jurisprudence Sarkozy permettrait donc de dire toutes les saloperies du monde, #surletonhumoristique

Plus sur l’insulte de la France envers le Luxembourg et l’Europe.

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7 raisons pour changer l’Europe

Voici 7 raisons qui me font voter socialiste ce dimanche pour les listes menées par Harlem Désir et Martine Aubry.

1. 100 milliards d’euros pour un véritable plan de relance économique pour l’Europe, avec des investissements massifs en matière d’emploi et de croissance. Pour soutenir le pouvoir d’achat et faire repartir la consommation. Pour créer des emplois et soutenir toutes les industries, y compris l’économie verte et innovante.
2. Un Pacte européen pour l’emploi afin de lutter contre les licenciements et la précarité. Pour un salaire minimum et des droits sociaux dans tous les pays d’Europe et pour mettre fin à la concurrence vers le bas entre les travailleurs. A travail égal, salaire et conditions de travail égaux dans une même entreprise.
3. Une nouvelle Charte des Droits de la Femme, pour assurer l’égalité des droits et des opportunités dans tous les domaines.
4. Un Pacte européen de progrès social pour promouvoir ensemble les droits sociaux et lutter contre la pauvreté et l’exclusion.
5. Une réglementation efficace des marchés financiers pour contrôler les banques et les fonds spéculatifs et remettre la finance au service de l’économie réelle. Nous voulons concrètement un nouveau modèle économique et financier afin d’éviter de nouvelles bulles financières aux effets dévastateurs.
6. Un engagement européen de solidarité Nord / Sud avec un plan de soutien massif en faveur de l’alimentation, de la santé et de l’environnement.
7. Une proposition européenne pour un « nouvelle donne » mondiale, qui sera présenté au G20 avant la fin de l’année. Nous y proposerons un plan d’ensemble en faveur de la régulation économique mondiale, en faveur des droits sociaux, pour la lutte contre le changement climatique et contre la pauvreté.

Alors aujourd’hui, pour en finir avec les politiques de recul social de trop nombreux gouvernements de droite, pour lutter contre la récession et le chômage et préserver la cohésion sociale, pour inventer le modèle de l’après-crise, plus juste et plus durable, pour nommer une Commission européenne qui s’engage à servir cette nouvelle politique progressiste; il n’y a qu’un seul moyen. Voter ce 7 juin pour le Parti Socialiste Européen.

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Quelles suites au 1er mai 2009 ?

Ce 1er mai 2009 fut une réussite sous tout rapport. Grande affluence, grand soleil, défilé unitaire. Les forces d’opposition, des syndicats organisateurs aux partis politiques soutiens des syndicats en passant par les associations ayant des revendications diverses, cette manifestation du 1er mai fut incontestablement un succès. Selon la CGT, 1,2 millions de Français ont défilé contre la politique du gouvernement ce qui est un record en terme d’influence.
Les revendications étaient diverses entre Kassandre qui appelait à manifester contre Hadopi, Jeudi Noir et Génération Précaire contre la condition des jeunes, les syndicats contre les diverses réformes, Réso pour appeler à un appel européen… Et bien entendu les partis politiques étaient là pour engranger des soutiens pour les élections européennes.
Il est d’ailleurs intéressant de s’arrêter sur l’attitude des partis politiques dans les manifestations organisée par les syndicats. Depuis la Charte d’Amiens de 1906, les partis politiques et les syndicats sont intrinsèquement dissociés. Contrairement à de nombreux pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Allemagne(?), le parti de gauche n’est pas une émanation des syndicats des salariés ou le contraire. Ce qui fait qu’historiquement les syndicats sont très peu friands de voir les partis politiques accompagner le mouvement syndical au sein du cortège des manifestations. Et de fait, l’incompréhension est palpable dans les cortèges où les Français qui défilent ne connaissent pas toujours ce poids de l’histoire. Car la problématique pour les partis politiques est la suivante. Doit-on passer outre la Charte d’Amiens en se mettant à dos les syndicats et entrer dans les cortèges? Ou doit-on respecter cette Charte d’Amiens quitte à se mettre à dos les manifestants qui ne connaissent pas cette Charte d’Amiens?
Je suis d’avis qu’il faut bousculer les syndicats. Si les syndicats sont des forces de propositions dont les partis politiques doivent s’inspirer, il n’est pas inutile de les bousculer. Si les partis de gauche invitent les syndicats lors de leurs congrès et autres événéments politiques comme c’était le cas lors de la Convention Nationale du Parti Socialiste où la CGT et la CFDT étaient présentes, le contraire est loin d’être vrai. J’ai l’impression que sous couvert de la Chartes d’Amiens, les syndicats refusent d’intégrer les partis politiques dans leurs réflexions. Et j’ai même l’impression qu’ils ressentent les partis politiques comme des concurrents plutôt que comme des alliés. Alors oui, il faut bousculer les syndicats. Oui il faut que les partis intègrent les cortèges. Oui, il faut que syndicats et partis travaillent conjointement.

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Europe, c’est l’heure de l’action !

Europe c'est l'heure de l'actionLe 7 juin 2009, les citoyens européens sont appelés à se rendre aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement Européen. Ces élections interviennent à un moment critique pour la planète. Après la crise systémique qui a ébranlé l’équilibre financier mondial, nous sommes aux prémices d’une des crises économiques les plus graves des 50 dernières années. A ceci s’ajoutent, entre autres, une crise écologique qui remet en cause notre modèle de développement et une profonde crise sociale qui touche les populations les plus fragiles de tous les Etats membres.

Révélateurs des déséquilibres d’un système, ces crises multiples et interdépendantes sont le résultat de la faillite du système de régulation international. Les réponses apportées par les différents gouvernements et institutions continuent ainsi à nous sembler trop limitées et insuffisamment coordonnées.

Pour répondre à ces défis, l’Europe est plus que jamais l’échelon pertinent. Pourtant depuis plusieurs années, elle n’arrive plus à convaincre ses citoyens. Incapable de proposer de grandes avancées sociales, elle apparaît comme une institution centrée sur la constitution d’un marché unique, qui promeut la libéralisation des marchés avant la protection de ses habitants. Les élections européennes sont un moment décisif pour mettre fin à cette situation. Nous, jeunes européens de gauche, appelons tous ceux et celles qui partagent nos convictions à nous rejoindre afin de peser sur cette campagne et lui donner un contenu politique fort, seul à même de déboucher sur des progrès politiques et sociaux.

Pour cela après avoir renforcé la voix du Parlement Européen pour une Europe plus démocratique, la première exigence est d’augmenter le budget de l’Union européenne, aujourd’hui limité à 1% du PIB, afin d’avoir les moyens de mener des politiques ambitieuses sur les questions fondamentales pour la vie et l’avenir des Européens : solidarité, croissance « verte », politique industrielle, recherche, éducation, libertés publiques, … Sur tous ces thèmes, l’Europe sera jugée sur ses résultats concrets. C’est pourquoi nous attendons des grandes forces politiques des engagements clairs au cours de cette campagne. Nous les appelons aujourd’hui à porter les propositions suivantes durant le prochain mandat :

-Salaire Minimum Européen Créer un Salaire minimum européen, fixé en fonction du PIB médian par habitant dans chaque pays, afin d’assurer une véritable protection des travailleurs européens et de limiter le dumping social.

-Couverture Maladie Universelle Etendre à l’échelle communautaire les dispositifs existant à des degrés divers dans plusieurs pays membres , en abolissant leur caractère discriminatoire (réservés aux nationaux) et trop restrictif (exigence de domiciliation), afin de garantir des droits sociaux fondamentaux.

-Droits de vote des étrangers aux élections locales et européennes Garantir le droit de vote des étrangers non-communautaires dans tous les pays de l’Union pour les élections locales et européennes afin de reconnaître leur contribution à la vie de la société et de leur permettre d’exercer leur citoyenneté.

-Droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse Inscrire l’IVG dans les droits fondamentaux de l’Union Européenne afin de bâtir un modèle de société où chaque individu est libre de disposer de son corps.

-Prise de participation temporaire de l’Europe dans le capital d’entreprises en difficulté Créer des dispositifs destinés à investir dans les entreprises et les secteurs fragilisés en contrepartie de la défense et la promotion des droits sociaux des salariés et leur participation aux décisions de l’entreprise.

-Mettre en place un média européen indépendant Créer un média global pour couvrir l’actualité communautaire et diffuser des productions culturelles afin de faire émerger une vraie opinion publique européenne. L’Union Européenne doit également combattre la concentration des médias entre les mains de grands groupes privés par une directive antitrust.

Si vous soutenez ce texte, alors signez l’appel.

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La proposition 2 du Manifeste socialiste européen : la fin des paradis fiscaux

 

Comme Tim l’explique sur son blog, nous avons décidé avec quelque uns de promouvoir les propositions du Manifesto des Partis Socialistes Européens qui font programme commun. Nous somme aujourd’hui à J-68 des élections européennes et j’ai le plaisir de vous présenter la deuxième proposition du programme socialiste européen :

« Nous proposons de mettre fin aux paradis fiscaux, à l’évasion et à la fraude fiscales, et de renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent en Europe et dans le monde, de sorte que tous les acteurs du marché paient une part équitable d’impôts aux Etats où ils opèrent. »

Cette lutte contre les paradis fiscaux est d’autant plus nécessaire que l’on apprenait hier que trois grandes entreprises françaises Michelin, Elf et Adidas sont soupçonnées de blanchiment et de fraude fiscale. Ce type d’activité fraudulueuse doit absolument être réprimé et seule l’Europe peut prendre la mesure d’une telle décision. C’est pourquoi je soutiens ce Manifeste.

Je passe à présent le relais à Maxime Pisano.

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Les contributions socialistes sur l’Europe : le fonctionnement démocratique de l’Europe

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Suivant le constat de la crise européenne et que l’Europe doit protéger les Européens, les Socialistes mettent en avant plusieurs propositions. Après s’être intéressé aux problématiques de la Banque Centrale Européenne et des fonds souverains, de l’harmonisation fiscale et sociale et des grandes politiques de L’Union Européenne, il faut désormais s’intéresser à l’Europe démocratique.

Malgré les divisions face au traité instituant une Constitution Européenne (TCE), les socialistes sont tous d’accord sur le besoin d’une Europe plus démocratique. Jean-Luc Mélenchon part sur le constat que « l’Europe est d’abord malade de son manque de
démocratie. Le diagnostic n’est pas nouveau. Mais il s’aggrave avec l’élargissement non maîtrisé à 27 Etats membres. Déjà antisociale dans ses politiques, a‐démocratique dans ses procédures de décision, l’Union européenne a désormais une pratique autoritaire de la souveraineté limitée des peuples des pays membres. »
C’est pourquoi Pierre Larrouturou milite pour « un système parlementaire ». Pierre Moscovici est prolonge cette réflexion pour « des institutions plus fédérales et parlementarisées. » Et la contribution Besoin de gauche revient sur « le non irlandais [qui] confirme, pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, le danger que fait courir à l’Union européenne le déficit démocratique dans lequel elle ne cesse de s’enliser. Le Parti socialiste doit, avec la gauche européenne, proposer rapidement des institutions plus fédérales et plus parlementarisées. Sans cela, l’objectif fondamental de l’harmonisation sociale et les avancées dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la défense, etc. relèveront du vœu pieux, quand ce n’est pas de l’hypocrisie. » Pour Ségolène Royal, « l’Europe a besoin de s’incarner. Cela veut dire, par exemple, des référendums simultanés qui permettraient de vivre une expérience partagée et une campagne commune dont les leaders iraient,
d’un pays à l’autre, parler ensemble à la télévision et exprimer au nom de leur parti (PSE, PPE, etc.) une unité de vue déclinée dans toutes les langues nationales. »
La première signataire de Combattre et proposer souhaite « créer un débat sur l’avenir de l’Europe par la d’un véritable référendum européen, s’adressant directement aux peuples des 27 États-membres. » Concrètement, la présidente du Conseil Régional de Poitou-Charente veut « changer le mode de scrutin des élections européennes, avec des circonscriptions européennes et un vote pour les partis européens (PSE/PPE…). » Martine Aubry aussi estime que « nous devons poursuivre notre quête d’une Europe plus démocratique dans ses institutions comme dans son fonctionnement. Appelons à un véritable grand parti socialiste européen. Renforçons le lien avec les pays amis. Organisons de grandes campagnes des socialistes européens sur quelques uns de nos objectifs qui touchent particulièrement les citoyens. » Gérard Filoche voit une autre réponse aux problèmes démocratiques. « Nous sommes favorables à l’élaboration démocratique d’une Constitution européenne, mais par les peuples eux-mêmes, par une Assemblée constituante européenne élue au suffrage universel. C’est ce que nous devons défendre aux élections européennes de 2009. » Et il fait voeu que « L’Union européenne doit devenir une démocratie à part entière, respectant la séparation des pouvoirs, avec un Parlement élu au suffrage universel direct, doté de tout le pouvoir législatif : l’initiative et le vote des lois et du budget, l’investiture et la censure du gouvernement européen. Il aura alors les moyens d’encadrer le marché unique, d’édifier un droit social européen et d’harmoniser la fiscalité. » Marie-Noëlle Lienemann est sur la même longueur d’onde. « Seule une réorientation profonde de la construction communautaire permettra de réconcilier l’Union et les citoyens. Ce ne sont évidemment pas les questions institutionnelles qui mobilisent les électeurs contre les textes qui leur sont soumis (quand ils le sont), ce sont les politiques européennes. «  La première signataire de la contribution Changer! propose de rechercher des « éléments communs pour une plateforme européenne entre les partis regroupés au sein du PSE et ceux qui siègent dans la « gauche unitaire européenne » »

Dans le besoin de plus de démocratie, Frédéric Léveillé se propose de défendre le respect des directives européennes qui sont l’émanation de la démocratie européenne actuelle. Ainsi  « La France a refusé de transcrire en droit interne la nécessité de mener des actions déterminées pour lutter contre les discriminations de toutes natures. Nous estimons utile de transcrire intégralement les directives européennes et de s’appuyer sur elles pour faire vivre réellement le pluralisme et le métissage de notre pays aujourd’hui. »

Sur la méthode européenne, les Socialistes français portent un regard constrasté. Ils sont d’accord pour que l’Europe avance par cercle réduit visant à montrer la voie mais certains ne veulent pas d’une Europe avançant par cercle. Ainsi Martine Aubry exhorte les socialistes : « acceptons des pas décisifs, même modestes, qui vont dans le bons sens plutôt que la seule critique à l’extérieur qui conduit aujourd’hui à la régression. Toutes les bonnes volontés sont à prendre et si quelques Etats-membres veulent aller plus loin que les autres, n’hésitons pas à les encourager ! Rien ne serait pire que l’immobilisme total. Car si le droit n’avance pas, c’est toujours le marché qui gagne ! C’est dans la pratique bien plus que dans la théorie que l’Europe convaincra. » Pierre Moscovici pense que « même si cette évolution nécessite de créer un noyau restreint d’Etats déterminés à aller de l’avant vers des Etats-Unis d’Europe, le Parti socialiste doit reprendre l’initiative. Il renouera ainsi avec la culture profondément européenne qui fut longtemps la sienne. » Gaëtan Gorce est d’accord : « il faut relancer l’Europe par des projets politiques, sur l’immigration, la politique agricole, l’énergie, la défense. En privilégiant des solutions de coopération, limitées si nécessaire aux seuls États volontaires, non dans une logique de noyau dur, mais de groupes pionniers permettant une intégration politique plus forte des États qui le souhaitent. » Deux voix sont dissonantes. François Hollande propose de se restreindre à la zone euro, « le noyau dur du projet européen pour définir des objectifs ambitieux en termes de politique économique et de croissance. » Et Bertrand Delanoë refuse les avancées à partir d’un noyau de pays : « l’’Europe doit être à la fois levier et accélérateur. En effet, l’efficacité de ces mesures pourra être décuplée si elles sont mises en oeuvre dans toute l’Union et si elles fondent ainsi un grand programme d’investissements publics. »