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A toi qui te demande ce que François Hollande ferait s’il était élu Président #FH2012

François Hollande meeting du Bourget

Il ne reste plus qu’un peu plus d’un mois avant le second tour de l’élection présidentielle. Alors que Nicolas Sarkozy n’a pas de programme et lance un appel désespéré pour en trouver un, François Hollande dévoile les mesures qu’il mettra en oeuvre de juin 2012 à juin 2013. Pour ne pas alourdir cet article, je ne vous exposerai ici que les mesures jusqu’en août 2012. Alors place au programme du Président Hollande !

6 mai 2012, 20H : François Hollande élu président de la République !

Il est l’heure pour François Hollande d’agir et de marquer de ses premières mesures son Quinquennat. On se souvient que Nicolas Sarkozy était parti illico presto fêter son avènement avec le CAC40, des journalistes chiens de garde et quelques figures de la jet set. Puis il était parti se reposer sur la barquette de son ami milliardaire. Les yeux sont braqués sur François Hollande, principal espoir pour changer de présidence. Alors quel serait le premier acte présidentiel de François Hollande ?

Le changement maintenant passe par présider autrement

François Hollande souhaite mettre en place une autre  façon de présider et de gouverner. Il réduira  la rémunération du chef de l’Etat et des membres du Gouvernement de 30%  par un décret signé lors du premier Conseil des Ministres. C’est une façon de mettre un terme à la situation inique que nous vivons où Nicolas Sarkozy s’était augmenté de… 172%. Afin de continuer dans la gestion rigoureuse de l’Etat, les Français sauront ce que possèdent les membres du Gouvernement ainsi que les membres des cabinets en publiant leur  déclaration d’intérêt.

Des mesures concrètes pour le pouvoir d’achat des Français

La première mesure en direction des Français seront pour les parents avec enfants qui verront une augmentation de l’allocation de rentrée scolaire de 25%. Le pouvoir d’achat des Français sera l’un des combats du président Hollande. De même, le gouvernement bloquera pendant 3 mois le prix des carburants. Dans certaines stations, le carburant atteint 2€/L d’essence. Le gouvernement lancera une caution solidaire  pour permettre aux jeunes d’accéder à la location et garantira l’épargne défiscalisée (livret A et livret d’épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d’une rémunération supérieure à l’inflation et doublement du plafond de ces livrets, pour mieux financer le logement social, le développement des PME et l’innovation.

La nouvelle voix de la France

Je soulevais le problème sur le blog co-écrit à 24 mains de l’Express que Nicolas Sarkozy n’avait jamais su se présidentialiser car il n’avait jamais fait entendre la voix de la France dans le monde au contraire de ses illustres prédécesseurs : de Gaulle, Mitterrand et Chirac. François Hollande ne fera pas la même erreur et fera entendre la nouvelle voix de la France dans le monde.

Avant la fin du mois de mai, le gouvernement transmettra aux partenaires européens un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance afin de modifier et compléter le Traité de stabilité et de réorienter la construction européenne vers la croissance en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin. De même, le gouvernement actera auprès de l’Otan le retrait des troupes françaises d’Afghanistan d’ici fin 2012.François Hollande portera la voix de la France au G8 à Camp David puis au sommet de l’OTAN à Chicago. Enfin, François Hollande abrogera la circulaire Guéant contre les étudiants étrangers.

La fin des injustices

Dans le même article cité plus haut, où j’expliquais pour Nicolas Sarkozy n’avait jamais fait président, j’expliquais que pour faire Président, il fallait, en plus de faire entendre la voix de la France dans le monde, savoir s’établir au-dessus de la mêlée et être le garant de l’unité française. C’est pourquoi François Hollande enfilera bien plus facilement le costume de président que son prédécesseur lorsqu’il annonce qu’il agira dès les premières semaines contre les injustices en

  • garantissant le droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités.
  • imposant un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques.
  • mettant en place une circulaire sur la lutte contre les « délits de faciès » lors des contrôles d’identité.

Puis, l’Assemblée Nationale passe à gauche !

Après la victoire de François Hollande et celle de l’union de la gauche (ou quelque soit son nom), le Président de la République convoquera pendant le mois de juillet une session extraordinaire du Parlement.

Une nouvelle fiscalité

François Hollande mettra en oeuvre une réforme fiscale importante :

L’une des première décisions de François Hollande sera d’assainir le métier de la banque. Il séparera les activités des banques entre les activités de dépôt et les activités spéculatives. Et il luttera contre les produits toxiques et les paradis fiscaux.

Durant la période, le gouvernement lancera les principaux chantiers du quinquennat

L’emploi

  • la politique de l’emploi et de la formation dont les priorités seront l’emploi des jeunes et des seniors,  l’encadrement des licenciements boursiers, la sécurisation des parcours, la lutte contre la précarité, l’égalité salariale et professionnelle,
  • qualité de vie au travail, pouvoir d’achat et politique salariale,
  • sécurisation des retraites.

La transition énergétique

  • préservation des ressources naturelles et de la biodiversité,
  • sécurisation de nos filières énergétiques et développement des filières industrielles des énergies nouvelles,
  • plan massif de rénovation thermique des logements.

L’Education Nationale et la Culture

  • Question des Rased ,
  • Recrutement de 60 000 postes d’assistants d’éducation, de personnels d’encadrement …,
  • Mesures d’urgence pour compléter la formation pratique des professeurs néo-titulaires
  • Mise en place de la Commission de préparation de l’Acte II de l’exception culturelle

Bien d’autres réformes suivront dans l’année du changement après la victoire de François Hollande. Au menu : décentralisation, banque d’investissement, licenciements boursiers, emplois d’avenir, augmentation des forces de sécurité, encadrement des loyers, droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples, droit de finir sa vie dans la dignité… TO BE CONTINUED comme disent les Américains dans leurs téléfilms.

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François Hollande a une idée sur la réforme des retraites

Crédit Webstern Socialiste

Crédit Webstern Socialiste

Depuis le temps que les candidats se sont déclarés et que j’attends de voir des idées émerger, je ne peux que me féliciter que François Hollande sorte une idée sur les retraites.

Auparavant, les propositions d’Hollande étaient vagues

Certes François Hollande avait déjà sorti des idées. Mais sans faire injure au candidat pour la primaire socialiste, ses propositions étaient bien vagues (oui le premier site reprenant les propositions de François Hollande est un organe de l’UMP) :

  • Nouveau mode de calcul du SMIC en essayant de prendre en compte la croissance du pays
  • Réforme fiscale
  • Des assises de la démocratie pour travailler avec les partenaires sociaux
  • Plus de moyens dans l’éducation
  • Aide pour les jeunes issus des zones défavorisées à s’installer dans les provinces avec des exonérations patronales
  • Aide aux séniors pour garder leurs emplois

Vous pouvez retrouver l’interview de François Hollande à
20 minutes dans cette vidéo :


François Hollande – Élu en 2012 quelles seraient… par 20Minutes

François Hollande a aussi fait des propositions sur l’entreprise et s’est fourvoyé dans la défense de Pierre Bellanger, le président fondateur de Skyrock à la réputation… sulfureuse.

Hollande a affiné sa position sur les retraites

Sur les retraites puisque c’est le sujet de cet article, François Hollande a affiné sa réflexion. Et ce n’est pas une mauvaise chose car sa prestation lors de la bataille des retraites de l’automne 2010 m’avait laissé un goût mitigé. Voici les propositions d’Hollande à l’époque :

  • l’âge légal de retraite à 60 ans doit rester un droit,
  • plus l’espérance de vie augmente, plus le nombre d’années de cotisation doit augmenter ou le montant des cotisations,
  • cotisation minimum de 41 ans acté,
  • il faut faire appel aux revenus du capital,
  • Supprimer les cotisations sociales des employés seniors « tuteurs » des nouveaux employés juniors.

François Hollande a proposé le 30 mai de nouvelles propositions sur les retraites. Ces propositions permettent au moins de mettre en place une égalité entre les salariés :

  • cotisation de 41 ans,
  • dès les 41 années de cotisation, la salarié peut quitter la vie active,
  • si le salarié cotise plus, il n’aura pas plus de retraite.

Et bien je dis bravo. Même si l’on sort pas de la machine à gaz où il faut compter le nombre de trimestres avant d’atteindre la retraite et compter combien de temps on a cotisé et combien il reste, ceux qui commencent plus tôt pourront quitter plus tôt. Ceux qui commencent plus tard travailleront plus tard mais avec le même nombre de trimestre. Ce n’est pas en contradiction avec le projet socialiste adopté ce week-end et déjà expliqué par Martine Aubry il y a un an sur France Inter,  juste un approfondissement qui n’est pas inutile à mon avis.

Nota Bene : deux billets où je félicite Hollande en deux jours. Donc avant de répondre à toute question: non, je ne le soutiens pas pour la Primaire.

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La Révolution Fiscale de Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez

piketty pour une revolution fiscale

Thomas Piketty sur ce blog c’est un des économistes les plus considérés. Pas comme ce nul de Daniel Cohen qui a perdu toute sa crédibilité avec la « Prospérité du Vice » que je vous déconseille vivement d’acheter, lire, louer. Le brûler est une bonne idée, ça vous réchauffera une petite heure. se torcher avec aussi même si clairement ça fait cher le rouleau de PQ. Donc Thomas Piketty sort un livre sur la Révolution Fiscale avec deux autres économistes : Camille Landais et Emmanuel Saez.

Je ne vous raconterai rien sur le contenu du bouquin. Les auteurs m’ont bien envoyé un mail mais ne m’ont pas envoyé de bouquin. C’est dommage. J’aurais bien aimé lire ce livre et pouvoir jouer avec le moteur de simulation de réforme fiscale proposée dans le bouquin.

En fait aujourd’hui la seule chose qui me taraude c’est si Thomas Piketty est revenu dans le droit chemin de la force socialiste. Allez, tu me laisses un commentaire Thomas ?

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Les contributions socialistes sur l’Europe : les politiques européennes

drapeau_europe

Suivant le constat de la crise européenne et que l’Europe doit protéger les Européens, les Socialistes mettent en avant plusieurs propositions. Après s’être intéressé aux problématiques de la Banque Centrale Européenne et des fonds souverains et de l’harmonisation fiscale et sociale de L’Union Européenne, les Socialistes souhaitent agir sur les grandes politiques européennes.

Les Socialistes sont d’accords avec le constat que le budget européen est trop faible aujourd’hui pour mener une véritable campagne. Martine Aubry ne se trompe pas de combat lorsqu’elle écrit qu’‘une autre bataille majeure est celle du budget européen qui représente à peine plus qu’1 % des PIB européens. Il faut le fixer de manière à perpétuer les fonds structurels, outil majeur de solidarité des régions riches vers les régions pauvres en Europe. Ce budget doit permettre de développer les grandes politiques d’avenir dans la recherche, les infrastructures. Il nous faudra même revoir la politique agricole commune pour accompagner les agriculteurs réalisant des cultures de qualité, et réformer une politique d’attribution des subventions trop inégalitaire et qui favorise trop souvent les exploitations les plus grandes et les plus fortes au détriment des autres. » Marylise Lebranchu propose « une fiscalité unique sur le capital [qui] pourra être mise en place sans faire « fuir » ces capitaux à l’étranger, même si l’idée de créer un impôt européen sur le capital nécessitera aussi beaucoup de négociations avec nos partenaires, y compris sociodémocrates. » Benoit Hamon se retrouve en accord avec Marylise Lebranchu pour « réviser le pacte de stabilité, créer un impôt européen sur les sociétés et lancer un emprunt pour financer le budget communautaire. » Pour sa part, Bertrand Delanoë estime que le « budget de l’Union Européenne porté à 1,5% du PIB des États membres. la création d’un impôt écologique européen pour que l’Union dispose d’une nouvelle ressource propre. » Le premier signataire de Clarté, Courage, Créativité évoque même la possibilité d’« un grand emprunt européen pour financer les grands travaux d’infrastructures matérielles et immatérielles ainsi que les projets de recherche fondamentale. » François Hollande tombe d’accord avec le maire de Paris sur le « budget européen capable d’assurer la solidarité entre les pays et d’investir -y compris en recourant à l’emprunt- dans les infrastructures, la Recherche et dans une véritable politique industrielle. » Laurent Fabius reste plus vague et plaide « pour que l’Union puisse disposer de ressources nouvelles et finance en priorité les politiques dont elle a le plus besoin pour préparer l’avenir (infrastructures, recherche, innovation, formation…). » Enfin, Pierre Larrouturou, tel un électron libre, propose une solution tout à fait différente de ses camarades. En effet, le signataire de Nouvelle Gauche voudrait que l’Europe dispose d’une fiscalité propre : « impôt sur les bénéfices, écotaxe ou taxe Tobin améliorée, un impôt voté par le Parlement européen financerait la défense, la diplomatie, la recherche, la politique agricole, les fonds structurels et l’aide aux nouveaux adhérents. »

La politique industrielle européenne est un enjeu majeur de l’Union Européenne et les socialistes ne se sont pas trompés. Bertrand Delanoë estime que l’Europe a « vocation à mieux mobiliser et coordonner des programmes de recherche sur le développement durable et ses applications industrielles. Elle devrait d’ailleurs se doter d’une véritable politique industrielle pour conquérir ces marchés. » Ségolène Royal est dans la ligne droite du maire de Paris en souhaitant « relancer l’Europe des grands projets, pour surmonter les défis du futur et affronter les crises du présent. L’Europe doit prouver à tous qu’elle peut changer positivement la vie de ses citoyens. Nous devons créer les infrastructures transeuropéennes dont nous avons tant besoin, en matière de numérique, d’énergie ou de recherche. » Laurent Fabius pointe l’absolu nécessité pour l’Europe de constituer des « champions continentaux, [de] soutenir les entreprises européennes et [de] miser sur l’indépendance énergétique européenne. Il s’agira aussi d’adapter le droit européen de la concurrence et des OPA en faveur de la maîtrise des centres de décision économique considérés comme stratégiques. » Géraud Guibert souhaite « mettre en place, au niveau national et européen, une véritable politique industrielle pour les produits et technologies propres, qui peuvent et doivent devenir une source majeure de création de richesses et d’emplois. » Marie-Noëlle Lienemann veut « une politique industrielle offensive soutenue par une politique monétaire favorable permettant de rattraper les retards technologiques et évitant les délocalisations intra et extra européennes. » Enfin, Marylise Lebranchu développe certainement l’idée la plus aboutie sur la politique industrielle européenne : « l’Europe doit développer une politique industrielle de très haut niveau. La Commission européenne s’est enfermée, au nom de la « stratégie de Lisbonne », dans une doctrine théorique et stérile. Elle brandit l’objectif des 3 % de PIB à consacrer à la recherche, et incite au développement du tertiaire au détriment de l’industrie, mais elle oublie que c’est l’industrie, à 85 %, qui mobilise la R&D, et non les services ! Elle veut libéraliser les marchés de l’énergie ou du transport, mais la concentration du capital dans ces secteurs ne créera pas de richesse nouvelle. »

Les contributions détaillent plus spécifiquement certaines politiques industrielles. Notamment l’énergie, une vieille idée du traité de Rome de 1957 (Euratom) qui était tombé à l’eau à cause du Général de Gaulle. Nombreux sont les socialistes (Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius) qui souhaitent voir la création d’une communauté européenne de l’énergie. Géraud Guibert et Marie-Noëlle Lienemann appellent à la généralisation d’une taxe carbone. « A l’échelle européenne » pour la contribution Pour socialisme écologique et à « l’échelle mondiale » pour la contribution Changer!.

La recherche fait partie des politique industrielle que les Socialistes veulent voir mettre en oeuvre. Martine Aubry se veut directive car « en matière de recherche comme d’infrastructures, l’Europe doit prendre toute sa place. » Laurent Fabius explicite l’idée de « Coopération européenne pour la recherche et l’innovation (CERI) qui permettra, en utilisant le mécanisme des « coopérations renforcées », de mutualiser les moyens, de développer des grands projets et de créer un espace européen unique pour les chercheurs. » financé par de  « grands emprunts par la Banque Européenne d’Investissement (BEI). » Gérard Collomb propose « dans l’optique de la stratégie de Lisbonne qui a pris tant de retard, il nous faut donc militer auprès des institutions communautaires pour un renforcement prioritaire des programmes de recherche et développement, en liaison avec les pôles de compétitivité. »Benoit Hamon s’intéresse avant tout à l’élaboration de la CERI « sur le modèle de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), qui impulserait de nouveaux projets (énergie, nouvelles technologies, transport). La priorité donnée à la formation et à la recherche doit se matérialiser par la dotation, notamment aux universités publiques, des moyens nécessaires à leur développement international. »

Géraud Guibert, premier signataire de Pour un socialisme écologique est le seul à proposer un « programme européen de reconquête environnementale » Selon cette contribution, « il s’agit, en particulier, de lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité, réduire de façon drastique la production de déchets (déchets ménagers, déchets industriels banals et dangereux), lutter contre les émissions de polluants locaux de l’air et de l’atmosphère, et reconquérir la qualité de l’eau et à préserver la ressource. »

Le même Géraud Guibert, premier signataire de Pour un socialisme écologique propose une « réorientation de la politique agricole vers des produits de qualité et des pratiques conformes à la protection de l’environnement ». Et il continue en prônant que « le contrôle de l’accès aux ressources alimentaires doit aussi comprendre l’interdiction de brevetabilité du vivant qui constitue un bien inaliénable de l’ensemble des êtres humains ». Marylise Lebranchu exige que « la France doit retrouver sa place de « grenier de l’Europe », tout en prenant en considération les exigences nouvelles des marchés en ce qui concerne la qualité sanitaire et gustative des produits alimentaires. »