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Français juif, pourquoi j’en veux aux Socialistes

Manif Gaza salut nazi quenelle

Après l’article paru dans Rue89 « Français, musulman, voilà pourquoi j’en veux aux socialistes« , un ami, juif de gauche, m’a demandé de publier son texte. Ayant déjà ouvert mon blog à d’autres personnes (comme lors des congrès du Parti Socialiste), je vous propose donc de lire les inquiétudes de cet homme de la génération Y.

Suite à la lecture du français musulman sur Rue89, j’ai été étonné d’être aussi déçu que lui  de la politique de François Hollande mais pour des raisons parfois finalement diamétralement opposées. Comme quoi,  ce gouvernement et ce Parti Socialiste auraient bien besoin d’un Grand Pardon.

1. La gauche m’a perdu

D’abord, je suis de gauche. J’ai toujours voté socialiste ou à gauche (une fois pour les Verts aux Européennes) sauf en 2002 où j’ai du contrer le Front National. En 2012, j’ai voté socialiste aux deux tours. Pas de gaieté de cœur, François Hollande ne m’a jamais donné autant envie que d’autres figures de gauche comme Mitterrand, Blum, Jaurès, ou plus contemporains comme Royal ou Strauss-Kahn. J’ai surtout voté pour le programme : refonte de l’impôt, améliorer la compétitivité des PME face aux multinationales qui volent les pays en cachant leurs avoirs dans des paradis fiscaux, faciliter l’innovation, l’intelligence collective, calmer le pays face aux injures de la droite. J’ai voté pour une société plus ouverte et harmonieuse et moins haineuse comme mon collègue musulman.

Mais François Hollande m’a déçu. Son ennemi, la finance, est devenu son ami. La TVA a augmenté. Les Rroms sont toujours pourchassés. Le chômage continue d’augmenter. L’innovation est traquée pour être annihilée (cf. VTC vs taxi, le mouvement des pigeons, …). Hollande aide les multinationales à gagner plus d’argent avec le CICE et s’est mis à dos les PME.

Hollande a instauré un programme d’austérité dans la droite ligne de ce que Sarkozy faisait. Le changement, je l’attends toujours… Et comme Nasser, en 2017, je ne compte pas voter pour un président qui se dit de gauche mais qui fait la même politique que la droite…

2. La gauche et la société

La gauche a trois grandes réformes de société à mener à bien. D’abord le droit de vote des étrangers. Ce n’est pas pour ça que j’ai voté pour elle. Mais je comprends que Nassser trouve importante cette réforme pour sa famille. Ensuite, améliorer la fin de vie. Il parait que c’est en cours. J’espère qu’ils le feront car j’ai assisté à des agonies de plusieurs mois où des personnes souffrent mais ne peuvent rien dire. Cet acharnement, c’est inhumain. Enfin, il y a le mariage pour tous. En tant qu’hétéro, vous pourriez penser que je n’en ai rien à faire. La religion juive se base en partie sur l’histoire de Sodome et Gomorrhe comme les religions chrétiennes et musulmanes. Mais je pense que l’amour n’a pas de genre. Par contre, ce gouvernement a tellement mal géré cette loi importante qu’elle s’est finie en apothéose par la manifestation « Jour de Colère » où les Juifs furent visés par des slogans antisémites : « Juif : casse-toi, la France n’est pas à toi », « Juifs, Licra, on n’en veut pas », « Juifs hors de France », « Faurisson (N.D.Abadinte auteur révisionniste condamné) a raison, les chambres à gaz c’est du bidon ».

Comment cette manifestation a-t-elle pu être autorisée par le ministre de l’intérieur Manuel  Valls ? Aucune condamnation n’a été faite. Rien. Aucun groupe n’a été dissous. Il y a eu que trop peu de voix pour dénoncer ces propos haineux. Le Français juif que je suis s’est senti pour la première fois hors de la société française. J’en veux énormément à Manuel Valls pour ça. Il y a  des blagues juives qui circulent depuis longtemps sur l’implication inégalée des juifs dans tous les complots. Y compris ceux qui n’existent pas. Ainsi, savez-vous que si le Titanic a coulé c’est à cause du complot juif international ? Oui c’est un certain Iceberg le responsable. Le Juif responsable de tout. La gauche quant à elle qui est censé être porteuse des valeurs d’humanisme, de fraternité, de solidarité, de tolérance… a laissé défiler ces être abjectes. Et moi, j’aurais bien aimé avoir un bunker pour me cacher au cas où.

3. La gauche et Dieudonné

Il faut parler de Dieudonné. Dieudonné c’est le chantre de l’antiracisme qui est devenu le chantre du racisme et plus particulièrement du racisme envers les Juifs. Manuel Valls, ministre de l’intérieur, a agi. C’est bien mais pour moi qui fait partie de la génération Y, je pense qu’il a agi trop tard. C’était bien avant qu’il fallait le faire. J’en veux au ministre d’avoir agi si tard et plus encore à ses prédécesseurs de droite (les Sarkozy, Baroin, Alliot-Marie, Hortefeux et Guéant) d’avoir laissé la tumeur grossir. Qu’est-ce qu’ils sont forts pour faire des lois répressives et nuls pour faire des lois protectrices ! Aujourd’hui, il sera bien compliqué à la France de réduire l’influence de ce Dieudonné auprès des Français tombés sous sa coupe. Et mes potes qui ont longtemps ri aux blagues de Dieudonné n’ont jamais été de droite mais toujours de gauche. Aujourd’hui j’ai fait le tri. ceux qui rient encore avec Dieudonné ne sont plus mes amis. Il n’en reste pas moins que le peuple de gauche a un vrai problème avec Dieudonné, ses saillies antisémites et les valeurs que les Socialistes et la gauche dans son ensemble mettent en avant.

4. La gauche et les manifestations pro palestiniennes

En premier lieu j’ai écrit les manifestations pour la paix. Mais, il n’y a pas eu d’appel à la paix. Pendant chaque manifestation, j’étais collé sur Twitter à suivre minute par minute, seconde par seconde ce qui se disaient pendant ces manifestations, les slogans, les photos, les vidéos… Et autant dire que j’ai été très peiné de voir la gauche ne pas manifester pour la paix. Car manifester derrière un slogan tel que « Djihad résistance » soit « guerre de résistance », ce n’est pas manifester pour la paix mais pour la victoire d’un des belligérants. Entre les valeurs véhiculées par les socialistes et ce slogan (qui est le moins violent de ceux qu’on a pu entendre), j’ai un problème de taille car il y a un gouffre.

Et là, je ne parle que des socialistes. Car quand j’ai vu le « républicain » Mélenchon venir à une manifestation interdite où le symbole du judaïsme est associé à celui des nazis, où les gens ne se saluent pas mais font des quenelles et des saluts nazis,  je n’ai plus de doute sur le fait qu’il est sorti du spectre de la République.

Manif Gaza juif nazi Manif Gaza salut nazi quenelle

Oui, j’ai un vrai problème avec cette gauche qui ne protège pas les juifs. Interdire la manifestation c’est bien mais si vous laissez tout de même ce rassemblement avoir lieu, il n’y a plus grand intérêt à l’interdire. Et si les policiers ont des photos de ces personnes incitant à la haine raciale, il serait peut-être urgent de les rechercher et de les traduire en justice. Parce qu’aujourd’hui sincèrement, j’ai peur de sortir de chez moi et de tomber nez à nez avec un de ces énergumènes qui prônent le nazisme. Moi, je ne fais pas partie de la LDJ et je n’ai pas pris de cours de Krav Maga.

5. La gauche et l’antisionisme

Il en va de même de cette gauche qui se proclame antisioniste. A chaque fois que j’entends quelqu’un se proclamer antisioniste, je pense à Theodor Herzl qui s’est battu toute sa vie pour cette idée du sionisme. Je pense aussi aux 6 millions de juifs morts dans les camps ce qui a poussé les États à réfléchir à donner un refuge contre la barbarie aux juifs. C’est ironique non ? On donne un refuge contre la barbarie et ils se retrouvent avec des hommes, des femmes et des enfants qui se font sauté à la sauce kamikaze. Et 60 ans après, des gens continuent de cracher sur leur mort. Le sionisme c’est la volonté de la création d’un État pour les Juifs. L’antisionisme c’est la volonté de le supprimer de la carte du monde. Être socialiste et antisioniste, c’est antinomique. Parce que non, il n’y a pas de solution à un État entre Israël et la Palestine. Je doute qu’un seul juif accepte de subir le même sort que les Chrétiens de Mossoul.

Des Socialistes peuvent se dire plus pro-palestiniens que pro-israéliens. Je le comprends. Les images des maisons détruites, des enfants morts, des cris, des pleurs, de la souffrance que l’on voit en ce moment de Gaza ont de quoi retourner n’importe quel estomac normalement constitué surtout quand de l’autre côté les dégâts sont minimes grâce à un systèmes élaboré de défense anti-missile développé par Israël et qui permet d’éviter d’avoir le même type de scène. Sur le plan médiatique contrairement au plan comptable, la technologie de défense d’Israël est une défaite lourde et écrasante dans cette guerre. Pourtant, les Israéliens subissent, eux aussi cette guerre car ils ont tous un ami, un fils, un cousin, un collègue, un père (dénomination que l’on peut féminiser puisque l’armée est mixte) qui est sur le terrain. Et quand je parle d’Israéliens, je parle des juifs comme des Arabes. Ceux qui vivent à côté de la bande de Gaza vivent depuis des années dans la terreur qu’un Palestinien sorte d’un tunnel et décide de faire exploser devant eux. Au contraire, des Palestiniens qui savent que quand Israël entre en guerre, il y a danger, pour ces gens-là le danger est à toute heure tous les jours car les terroristes du Hamas ne respectent rien. Et ça, certains à gauche semblent l’oublier. Au nom de la protection des civils palestiniens, ils asbolvent les exactions du Hamas :

  • l’utilisation d’enfants, qui en sont morts par centaine, pour la construction de tunnels
  • l’utilisation du ciment qui devaient servir à la reconstruction de Gaza pour construire lesdits tunnels,
  • la non-construction de caves renforcées en cas d’une attaque qui était plus que probable de l’aviation israélienne,
  • le dépérissement des zones agricoles laissés par les colons israéliens quand ils ont quitté les colonies en 2005,
  • l’utilisation d’enfants, de femmes et même de grands-mères pour faire des attentats kamikazes contre Israël,
  • les tirs de roquettes depuis des hôpitaux, des écoles, des mosquées, des églises, des camps de réfugiés

Par contre, ils sont les premiers à ne pas absoudre quand Israël bombarde les endroits d’où sont tirés les roquettes ou en comptant le nombre de civils tués en y incluant les femmes et enfants morts pendant les combats. Si des femmes et des enfants sont utilisés comme kamikazes par le Hamas, comment considérer ces personnes comme faisant partie du Hamas ou pas. Moi, je ne suis pas sur le terrain. Je n’oserai jamais dire s’ils sont des dommages collatéraux (quel horrible mot !) ou des combattants. Je trouve ça fondamentalement hypocrite de leur part de voir une telle asymétrie dans leur indignation.

6. La gauche et la question juive

En discutant avec des Français juifs, beaucoup étaient heureux de voir arriver Manuel Valls au poste de Premier Ministre parce qu’il était considéré -faussement à mon sens- comme plus proche des Français juif qu’Ayrault. Personnellement, sa nomination ne m’a pas fait sauter de joie. Surtout qu’en regardant de plus près ce gouvernement, j’ai l’impression que pour la première fois depuis le gouvernement Villepin, il n’y a plus un seul ministre de confession juive. Vous me direz que ce n’est pas la religion d’untel qui fait la politique de la France. Vous auriez raison. Mais ce sont des petites choses qu’un juif, un musulman, un picard, un breton, un handicapé va regarder avec curiosité en se disant faussement que ça l’aidera peut-être à un moment donné. Regardez l’incompréhension des habitants de Loire-Atlantique qui ont perdu leur plus grand soutien avec Ayrault dans la bataille de la fusion des régions. Ils n’auraient pourtant pas renié devenir breton !

Il ressort aussi de ces discussions un message faible mais qui grandis et que je n’avais pas entendu depuis la seconde intifada quand j’étais adolescent : « cette France ne nous aime plus ». Beaucoup pensent au départ et quitter cette France qui les rejettent. Certains, même, sont prêts à vivre dans un État en guerre quitte à devenir membre de ces colonies qu’ils haïssent tant. Car ils savent bien qu’elles font partie des obstacles à la paix. Aujourd’hui, je me sens mal aimé par la France et toute sa classe politique. Car oui, la droite aussi méprise les Français juifs. Je n’oublierai jamais l’insulte de Christian Jacob faites aux Juifs lorsqu’il s’est attaqué à Dominique Strauss-Kahn. C’était en février 2011. En parlant de lui, il a pointé du doigt qu’il n’incarnait pas « l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché ». Encore une fois, le juif représente la France que la droite n’aime pas et à laquelle elle n’est pas attachée. Et moi, je venais à nouveau de me faire éjecter de la société française.

Aujourd’hui, je me sens rejeté et marginalisé dans cette France à cause d’une partie de mon identité. Et pour tout vous dire… J’ai peur.

Crédits images : Jewpop (qui lui-même a du les prendre quelque part)

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Ce n’est pas la défaite de la gauche, c’est la défaite du gouvernement et de François Hollande

culbuto-hollande

Ce dimanche, la gauche a perdu de nombreuses villes. On s’en doutait pour certaines comme Reims qui étaient miraculeusement passé à gauche en 2008. Pour d’autres, c’est un véritable coup de massue. En effet, des villes de gauche depuis des décennies sont passées à droite : Quimper, Limoges, Maubeuge, Tourcoing, Roubaix, Argenteuil, Niort, Villejuif, Pau, Henin-Beaumont… sont passées à droite voire pire à l’extrême-droite.

La gifle aux socialistes

Si c’est un séisme local pour les forces progressistes, c’est surtout une gifle nationale pour le gouvernement. Si ces villes sont passées vers les forces réactionnaires c’est le résultat d’une politique nationale mauvaise. Et le responsable de cette politique s’appelle François Hollande. Comment douter que le changement ne soit pas arrivé depuis 2 ans n’ait pas joué contre la gauche ? Le peuple a senti l’augmentation de la TVA voulue par Sarkozy mise en place par Hollande, le peuple a été effaré par l’histoire de cul de François Hollande se rappelant les Pingeot et Bruni. Et puis le pacte de responsabilité a certainement été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comment imaginer un pacte où l’Etat donne beaucoup sans aucune contrepartie ? Ca me fait penser au Grand Guignol que nous avait joué Moscovici avec les Pigeons. Rappelez-vous. Moscovici avait un projet d’augmenter l’impôt sur la cession d’une entreprise de beaucoup (passage de 10% à 40% environ). Bien entendu ça avait gueulé. Moscovici avait finement négocié. L’impôt était resté au même taux et il avait donné des contreparties aux entrepreneurs. Bref, il s’était aplati devant les patrons. S’étonner que nous perdions des villes n’est que le second effet kiss cool de la mauvaise gestion à la tête de l’Etat. D’ailleurs Pierre Moscovici lui-même a perdu à Valentigney dans le Doubs.

En 2008, le Parti Socialiste avait gagné 31 villes. Elle vient d’en perdre 61 à l’heure où j’écris. 577 villes étaient à gauche avant les élections sur les villes de plus de 9 000 habitants.sur 1088, elles sont désormais 634 dirigées par la droite. 77 villes de plus de 50 000 habitants étaient à gauche, elles sont désormais 68 à droite sur 122. Merci à France Télévision pour cette infographie.

municipales 2014 2nd tour

 

Et maintenant le changement ?

Et maintenant… Et maintenant… Le gouvernement va faire avec. Des rumeurs disent qu’Ayrault voulait démissionner dimanche soir. Il n’y a pas de doute qu’il y aura du changement dans les prochains jours. J’imagine que comme en 2001, les ministres ayant perdu devant les urnes seront renvoyés voire plus. Mais si le problème de communication est un problème de personne, la défaite montre aussi une défaite de la politique du gouvernement. Sans inclinaison forte de la politique gouvernementale, il n’y aura pas de changement. Et avec les Européennes qui se profilent dans deux mois, ne doutons pas que la giboulée de mars ne se transforme en tsunami électoral en juin si rien ne change.

Maintenant, Hollande a trois choix devant lui pour faire le changement : le changement centrisme électoral, le changement centrisme de gauche et le changement hollandiste.

culbuto-hollandeCommençons par le dernier cité car c’est certainement le plus certain d’arriver et le pire scénario. Hollande va virer Ayrault et il va installer à sa place un autre hollandiste pur jus qui n’a aucun caractère de leader. Donc on va avoir un socialiste du type Michel Sapin ou Bernard Cazeneuve. Nonobstant leurs indéniables autres qualités politiques, ce ne sont pas des leaders charismatiques comme ne le sont ni Hollande ni Ayrault. Pour le gouvernement, Hollande va prendre un culbuto et tout mélanger. Et là va arriver le jeu de chaise musical. Montebourg à la justice, Valls à l’économie, Taubira à la santé… Avec une ou deux entrées et sorties, le Premier Ministre propose la même politique. Le PS devient la 4e ou 5e force politique du pays derrière l’UMP, le FN, EELV et peut-être le Modem. La claque quoi. Harlem Désir, Premier Secrétaire du PS et premier de la liste PS en Ile-de-France n’est même pas élu car il fait moins de 5%. Ce n’est pas une claque, c’est la fin du Parti Socialiste.

Continuons avec le premier cité. Hollande pense déjà à 2017 et en bon analyste des tendances électorales, il comprend que s’il souhaite gagner en 2017, il doit continuer sa centralisation. Il prend donc un politique considéré comme centriste. Il demande à Manuel Valls ou François Rebsamen (qui aurait pu rentrer dans la première catégorie) de former un gouvernement. Ils virent ces sales gauchistes d’écolos du gouvernement et proposent à Marielle de Sarnez et François Bayrou d’entrer au gouvernement. Ils virent tous les socialistes marqués trop à gauche comme Benoit Hamon (mais ils gardent ceux qui ne font pas de bruit). Ils rameutent des grandes gueules parce qu’il y a besoin de grandes gueules pour recentrer leur politique et réduire les voix du Front National. Dans un élan de réconciliation nationale avec Marseille, Jean-Noël Guerini ou Patrick Menucci devient ministre et ils virent Marie-Arlette Carlotti (qui est aussi marseillaise). Il appellent Bertrand Delanoë qui, lui, sait s’imposer pour prendre un gros ministère. Par contre, ils n’appellent pas Martine Aubry parce qu’elle  a beaucoup trop de leadership qu’eux tous. Et puis c’est leur point commun entre eux, ils ne l’apprécient pas. Bien entendu, aux Européennes ça ne passe pas. Par contre, le Modem permet de faire quelques gros coups aux sénatoriales et aux régionales. En 2017, Hollande part seul au premier tour. Il ne passe pas le premier tour de 1000 voix derrière Marine Le Pen. Et ouais c’est pas les propos sécuritaires qui jouent sur l’évolution du FN mais l’évolution économique.

Terminons avec la dernière solution. Hollande comprend que son salut c’est un recentrage politique. Il décide de prendre un premier ministre un peu plus à gauche que lui pour faire bien. Plusieurs noms viennent à l’esprit directement : Martine Aubry, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou, Benoit Hamon, Arnaud Montebourg… Oui, j’exagère à propos de la liste de premiers ministrables. François Hollande, lui, ne pense pas que l’impôt c’est le degré zéro de la politique. Il y a de gros changements au sein du gouvernement. Moscovici part, il est remplacé par une personnalité reconnue de tous pour ses capacités économiques et qui ne fera pas trop faire peur aux patrons comme Gallois, Lauvergeon, Piketty, Strauss-Kahn… . Ben oui, Hollande veut bien abandonner sur certains points mais pas sur tous. Pour le reste, ce sont de grandes personnalités politiques charismatiques et de nouvelles et jeunes têtes qui entrent au gouvernement. On peut penser en plus des sus-cités à Cambadélis, Bachelay, le retour de Batho, Mazetier, Faure, Berger, Urvoas… Il y a aussi l’entrée du PCF qui abandonne le maoïsto-trotskiste Mélenchon. Au niveau des élections, les socialistes s’en sortent honorablement aux Européennes, ne perdent qu’une ou deux régions aux régionales et à la présidentielle, Hollande réussit son pari politique et bat le FN au second tour grâce à une croissance et une confiance retrouvée et à la dissidence de François Fillon après que la COCOE ait débattue pendant des semaines pour savoir si la triche dans les Hauts-de-Seine a profité à Copé, Wauquiez, Fillon ou Pecresse.

Enfin l’éventualité de ces trois hypothèses de remaniement et leurs conséquences ne sont le fruit que d’une masturbation intellectuelle que vous pourrez fort logiquement critiquer et que le futur pourra infirmer. Chacune d’entre elles est pessimiste pour les forces de gauche. Car aujourd’hui, je suis pessimiste. Demain ira mieux. Peut-être.

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Municipales 2014 : premier bilan après les résultats du premier tour

Capure d'écran Le Figaro

Les Français ont rendu un premier verdict et ce n’est pas une branlée pour la gauche ni pour la droite même si ces deux formations n’ont pas gagné. Le seul vainqueur c’est le Front National. Il n’y a rien d’étonnant à cela. La gauche suit une politique suicidaire au gouvernement, la droite est embourbée dans des affaires désastreuses que la victoire de certains chefs dans des villes sociologiquement bourgeoises n’appelle pas au triomphalisme. Il n’y a rien d’étonnant à voir des villes comme Puteaux (Ceccaldi-Raynault), Levallois-Perret (Balkany), Bordeaux (Juppé), Yerres (Dupont-Aignan), Meaux (Copé)… rester à dominance UMP.

De l’autre côté, des villes restent à gauche comme Bègles (Mamère), Abbeville (Dumont), Auch (Montagé), Les Mureaux (Garay), Tulle (Combes)… Si la gauche gagne certaines villes moyennes, elle n’a jamais gagné de grande ville dès le premier tour. Ce n’est donc pas étonnant.

Quant à l’extrême-droite, elle pavoise en faisant élire deux maires dès le premier tour à Orange et Hénin-Beaumont et en plaçant quelques autres dans de bonnes conditions pour se faire élire.

En parlant du Front National, Harlem Désir a appelé les candidats de gauche et de droite arrivés troisième à se désister pour un front républicain. Bien entendu, à droite, on ricane fort. Le front républicain n’est pas pour eux. A gauche aussi d’ailleurs on ricane fort. Patrick Menucci arrivé troisième à Marseille derrière l’UMP et le FN ne semble pas vouloir se désister. Harlem ne se fait même pas respecter par le candidat du gouvernement. Misère intellectuelle.

Capure d'écran Le Figaro

Capure d’écran Le Figaro

Si on continue dans la pantalonnade, on peut regarder ce qui s’est passé en Poitou-Charentes. A La Rochelle, le parachutage de Ségolène Royal continue de faire des ravages électoraux. La candidate socialiste est menacée par le divers gauche et ex-vice président de la région Poitou-Charentes. Niort fête une première depuis 60 ans. Dès le premier tour, le candidat de droite gagne. Plus près de Paris, à Montreuil-sous-bois, le candidat socialiste se prend une déculottée violente et finit derrière l’UMP. Ce n’est pas nouveau, il s’était déjà ramassé à Orly.

Il y a pourtant des espoirs sur lesquels s’appuyer. Des villes arrachés à la droite en 2008 comme Reims et Metz semblent bien partis pour rester à gauche alors que la droite misait sur ces villes pour crier victoire. Les deux plus grandes villes françaises que sont Paris et Lyon semblent suivre le même chemin.

Quel message portent les Français ?

Les Français, en 2012, voulaient le changement. Ils ont donc voté François Hollande. Mais dans le changement Hollande est bon en élection bien moins bon en action (euphémisme quand tu nous tiens). En alignant un gouvernement qui lui ressemble trop sauf les deux ministres (Valls et Montebourg) qui l’ont rallié à la primaire de la gauche, François Hollande n’a pas crée de dynamique du changement. Ce n’est pas un problème de communication. C’est un problème bien plus lourd qui allie le manque de complémentarité des ministres (ce gouvernement est l’équipe de l’Olympique de Marseille de cette année) et de fortes personnalités. Si l’on compare ce gouvernement à celui de Lionel Jospin, nous sommes en droit de nous demander où sont les Strauss-Kahn, Aubry, Guigou et Chevênement. Qui sont les moteurs de ce gouvernement ? 2 ans après, je n’ai pas la réponse à cette question.

Et c’est aussi une question de message politique. Quelle est la politique de ce gouvernement ? Où se situe il ? Les Français se le demandent. Les Français montrent leur impatience, leur frustration et leur colère face à des résultats qui ne viennent pas. Le changement était censé être maintenant en 2012. En 2014, le changement aurait déjà du être effectué ou au moins en bonne voie. Car c’est aussi ça le danger de ce slogan. Les Français se sont senti trahi et le montrent dans les urnes car de changement, ils ne le voient pas.

J’ai lu ici ou là chez mes amis socialistes de la tristesse, de la frustration, de l’étonnement face au résultat. Je ne comprends pas leur réaction. Il n’y a pas à être étonné de la tournure des événements, la sanction était prévisible. Il n’y a pas à être triste devant des résultats prévisibles. Et s’il y a de quoi être frustré, ce n’est pas parce que sa liste a fait un mauvais score au premier tour mais parce que ce gouvernement aujourd’hui se détache de sa base.

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10 vérités sur l’élection de Jean-François Copé à la tête de l’UMP

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1/ Jean-François Copé n’a été élu qu’avec 98 voix d’écart. L’UMP est profondément divisé et va devoir panser ses plaies avant de se lancer dans les prochaines élections. 2014 arrive vite.

2/ Le taux de participation est un peu supérieur à 50%. Soit l’élection du dirigeant de l’UMP n’intéresse pas les militants et donc il y a un véritable problème à l’UMP, soit l’UMP revendique des militants inexistants pour gonfler les chiffres. Réminiscence de la politique de chiffre de Nicolas Sarkozy ?

3/ En fait, l’UMP est coupé en 3 : les copéistes, les fillonistes, les abstentionnistes. Et le premier courant de l’UMP, ce sont les abstentionnistes.

4/ La présidence de Jean-François Copé restera sous le sceau du soupçon : il n’a été élu que par un peu plus de 25% des militants, son élection est entachée de soupçon de fraude (souvenez de la fraude à la chaussette) alors qu’il était le garant de l’organisation de l’élection.

5/ La campagne de l’UMP a été violente passant de l’invective à l’insulte.

6/ 98 voix font un peu plus du double des 42 voix séparant Aubry et Royal.

7/ Jean-François Copé promeut une droite décomplexée.  Pourtant, il nourrit quelques complexes avec les pains au chocolat ou le ramadan.

8/ L’entourage de Copé est un véritable festival : Guillaume Peltier, cadre du Front National, Christian Jacob, celui qui considère Dominique Strauss-Kahn comme pas assez de la France du terroir pour être candidat, Lionnel Luca et son problème avec Christiane Taubira, Jean « au casque d’or«  Sarkozy qui le soutient à mort, Brice Hortefeux condamné pour insultes raciales, Nadine Morano qu’on ne présente plus, Serge Dassault qui considère que la Grèce va disparaître dans 10 ans parce qu’il y a des homos et que ça va mettre fin à la civilisation. Et j’en passe des vertes et des pas mûres.

9/ L’élection de Copé signe la fin politique de Bayrou. En effet, Bayrou était déjà agonisant depuis sa non-réélection comme député, Borloo n’a plus qu’à rassembler le centre de Bayrou et le centre-droit effrayé par le xénophobe Copé selon le journal El Pais. Au contraire, l’élection de Fillon aurait diminué le risque de l’éclosion de Borloo trop proches électoralement.

10/ Enfin, Jean-François Copé va organiser les primaires pour désigner le candidat de l’UMP en 2017. On attend avec impatience les Centraliens de Lille compter les voix.

Bonus : Jean-François Copé c’est l’ami de Ziad Takiedine.

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Mohamed Merah retranché à Toulouse et beaucoup d’interrogations

RaidTriple

Le 12 mars 2012, il y a 10 jours, on nous annonçait qu’un motard était abattu d’une balle dans la tempe à Toulouse.On apprendra plus tard que le motard était un militaire qu’il s’appelait Imad Ibn-Ziaten. Trois jours plus tard,deux militaires en tenue étaient  abattus à Montauban et un autre était entre la vie et la mort. Très vite la piste d’un tueur unique et isolé était avancé par la police. Pour l’instant, chacun allait de sa supputation peine de coeur, rivalité militaire… Le 19 mars soit une semaine après le premier meurtre, le tueur s’en prenait à une école assassinant trois enfants et un adulte à Toulouse. Le lendemain soir, les policiers savaient qui était derrière les meurtres et décidaient de capturer dans la nuit le meurtrier présumé. A l’heure où j’écris ces lignes, 24H après le début de l’assaut, le suspect n’était toujours pas interpellé, enfermé dans son appartement avec armes et vivres. Il peut tenir encore longtemps. Comment en est-on arriver à ce fiasco ? Dans la journée d’hier, des bribes d’informations sont sorties. Et ça a de quoi foutre les jetons.

Le parcours de Mohamed Merah, des informations contradictoires

On apprend d’abord un peu plus sur le bonhomme qualifié par Claude Guéant de salafiste d’origine algérienne. On retrouve ici les pratiques détestables de ce gouvernement. En quoi le fait qu’il soit d’origine algérienne influe en quoi ce soit sur cette affaire ? Mohamed Merah est français. Ca doit trop lui faire mal. Bref… Passons sur ce nouveau fait de campagne. Donc c’est un musulman salafiste qui sort en boite de nuit et qui se fait une crête teintée comme nous l’apprend Le Figaro. Dans plusieurs journaux, on apprend que le jeune homme est un délinquant  multirécidiviste (18 condamnations) qui se serait radicalisé en 2008 pour Métro avant pour RMC puisqu’il aurait été arrêté pour avoir posé des bombes en Afghanistan. D’un autre côté, Boursier.com dément l’information expliquant que Mohamed Merah était incarcéré de 2007 à 2009. Dans le Télégramme, on apprend que c’est un homme violent qui frappe des adolescents et essaie de les embrigader dans son fanatisme. La mère des enfants violentés a porté plainte… qui semble être resté lettre morte.  Résumons. Nous avons donc affaire à un salafiste à crête rouge qui sort en boîte de nuit et qui entre 2007 et 2008 aurait posé des bombes en Afghanistan et se serait fait arrêter par la police afghane. C’est clair non ?

Une enquête policière, pas au niveau ?

On nous dit aussi que l’homme est fiché par la DCRI depuis son retour d’Afghanistan et qu’il est donc sous surveillance par la police. C’est donc une menace pour la sécurité de l’Etat. La DCRI ou Direction Centrale du Renseignement Intérieur rassemble depuis juillet 2008 la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la Direction centrale des Renseignements généraux (RG). Ce sont eux qui sont censés protéger les Français contre toute menace intérieure. D’ailleurs, la DCRI a entendu Merah en novembre 2011 d’après TF1 où il les a embobiné (?) en leur disant qu’il était allé faire du tourisme en Afghanistan.

Embobiné c’est bien le mot. Dans une enquête à charge, Jean-Marc Manach pointe sur Owni la lenteur de l’action des policiers pointant du doigt la lenteur des policiers pour suivre la piste électronique.  Je vous mets l’introduction de l’enquête très intéressante :

L’identification du terroriste au scooter a été très rapide, selon certains. La chronologie que nous avons reconstituée montre qu’elle aurait pu intervenir plus rapidement. En cause, le délai très long avec lequel les adresses IP en relation avec le premier assassinat ont été demandées et obtenues. Des sources policières confirment l’existence, dans cette affaire, d’un délai inhabituel pour une opération de cette nature.

Enquête en bas débit

Presque une semaine pour récupérer les noms des personnes qui ont été en contact avec le premier soldat tué sur le site de vente de particulier à particulier alors qu’on savait qu’il y avait un lien. 6 jours, c’est donc la veille de la tuerie dans l’école juive que les policiers ont récupéré l’information. Délai trop court dès lors pour faire le lien… et éviter la tuerie. De quoi se poser des questions.

Enfin, arrive le mardi soir où les policiers décident de la stratégie pour attraper le suspect. Et là un ancien du RAID dénonce. Il dénonce que la meilleure solution pour attraper le suspect n’était pas de toquer à sa porte à trois heures du matin mais de créer une souricière. L’ancien du RAID ne comprend donc pas qu’on ne l’attende pas à la sortie de son immeuble pour l’interpeller. Il dénonce de surcroît la pression politique pour se précipiter et l’attraper durant la nuit.

Que conclure ?

On a un type retranché chez lui qui a tué huit personnes. On le dit salafiste mais son train de vie ne correspond pas. Il est surveillé par la DCRI mais celle-ci met neuf jours pour s’en souvenir et faire le lien avec la première affaire. Bref, on a bien l’impression que les Français se font entuber par les informations données par les journaux dont les sources semblent se contredire. Et la police, dans tout ça, n’a pas semblé montrer un véritable empressement pour trouver le tueur de militaires. Est-ce à dire que les petites manip’ de Sarkozy entre militaires et policiers a laissé trop des traces ? Est-ce que ces meurtres auraient pu être éviter si Mohamed Merah avait eu une présence policière là où il vivait ? Est-ce que si la police avait été plus prompte à récupérer les données du site Internet, elle aurait pu éviter les meurtres  de l’école ? Est-ce que si la DCRI n’avait pas fusionné en 2008, l’information aurait mieux circulé ? Est-ce que si les politiques et en premier lieu ceux qui sont en charge n’avaient pas poussé pour une intervention en pleine nuit, il ne serait pas déjà en prison et interrogé ?

Beaucoup de questions sans réponses. Beaucoup de « faits » qui se contredisent et qu’il faut dans l’absolu prendre avec des pincettes. Et à l’heure où j’écris le jeune homme est toujours retranché. Lorsque cet article sera publié, il sera peut-être capturé… ou mort.

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Quand les moyens de l’Etat servent à taper sur François Hollande

marie-luce-penchard-ministre-outre-mer

Alors que Nicolas Sarkozy passait en mondiovision sur les chaînes de télé (6 chaînes tout de même), Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’outre-mer, a utilisé les services de son ministère pour attaquer le candidat socialiste François Hollande.

S’il est normal que les communiqués de presse d’un ministre apparaisse sur le site de son ministère, il est étonnant qu’il serve à un ministre pour taper sur le candidat opposé à son candidat. Madame Penchard se permet de publiciser ses opinions politiques sur un site financé par des fonds publics soit nos impôts non pas pour le bien public mais pour aider le parti politique au pouvoir.

Cette technique d’utiliser le bien public à des fins personnels ou partisanes n’est pas l’apanage de madame Penchard, rappelons que l’UMP et son ancêtre le RPR avait déjà utilisé cette technique pour :

– rémunérer les conseillers de Jacques Chirac par la ville de Paris dirigée par… Jacques Chirac,

– pousser le fils de Nicolas Sarkozy, sus-nommé Jean au casque d’or pour devenir président de l’EPAD qui chapeaute l’ensemble de l’immobilier du pôle économique de la Défense.

acheter des cigares pour sa consommation personnelle,

louer un appartement de 600 m² à 14400€/mois pour le ministre Gaymard.

Ce ne sont que quelques affaires qui choquent les Français et les poussent vers les extrêmes. J’espère que Madame Penchard s’excusera publiquement de cette affaire et publiera une lettre d’excuse aux Français.

A noter le Communiqué spécial de l’Élysée écrit par Variae.

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Présidentielles 2012 : Et si l’UMP établissait la torture pour les condamnés mineurs ?

Le Klu Klux Klan noir et électrifier, voilà comment gérer les délinquants

Une adolescente s’est fait -semble-t-il- assassinée par un adolescent qui est sous le coup d’une procédure judiciaire où il est accusée de viol sur une adolescente. Ni une ni deux, l’UMP sort une nouvelle loi sécuritaire après un énième fait divers. La neuvième depuis l’accession de Nicolas Sarkozy au poste de président.

Un slip sur la tête pour foutre la honte aux délinquants

Mais franchement, l’UMP ne va pas assez loin. Abaisser l’âge pour aller en prison de 13 à 12 ans ? C’est minable ! Nul ! Inutile ! Ca ne fait peur à personne ! Non, l’UMP doit montrer les crocs et frapper fort ! Justement frapper fort, c’est ce qu’il faut pour lutter contre la délinquance juvénile. Nous avons de nombreux soldats stationnés en Afghanistan et passés maîtres en torture qui reviendront bientôt en France une fois la guerre finie. Leur reconversion est toute trouvée. Désormais, toute peine d’un adolescent. Que ce soit pour meurtre ou pour le vol d’un Haribo, l’adélinquant -contraction d’adolescent et délinquant- recevra une heure quotidienne de torture au minimum. Bien entendu, les violeurs multi-récidiviste seront torturés 12H par jour. Ainsi, il ressentira le mal qu’il a fait en agissant mal : pouces retournés, simulation de noyade, électrocution… On verra si les petits sauvageons chers à Jean-Pierre Chevênement recommenceront de faire leur connerie ! Et s’ils recommencent, la peine de mort les attend.

 

Habillé en Klu Klux Klan noir relié à des fils électriques, voilà comment gérer les délinquants

Voilà un beau discours que l’UMP pourrait porter. Déportant son discours afin de contourner Marine Le Pen sur sa droite, Nicolas Sarkozy pourrait ainsi définitivement tuer le danger lepéniste et récupérer les 20% de voix actuellement attribué à Marine Le Pen. Effet collatéral, le retour à la vie civile des futurs soldats démobilisés n’entraînerait pas de hausse du chômage puisqu’ils auraient un boulot dans le système pénitencier ! Quand on pense que les chiffres du chômage annoncent un dépassement des 4,3 millions de chômeurs soit 9,1% de chômeurs autant dire que c’est une excellente nouvelle pour l’emploi, le social et la sécurité. Voilà comment agir sur 3 tableaux importants en un seul coup !

Probabilité de mise en oeuvre : 1% (fait au pifomètre par moi-même). Et oui même Lionnel Luca, Eric Raoult, Jacques Myard et Thierry Mariani de la droite populaire n’en ont pas parlé alors difficile d’y croire…

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6 raisons de voter aux primaires citoyennes

primaires-citoyennes

Variae a proposé la semaine dernière 7 raisons pour participer aux primaires socialistes.
J’avoue avoir été gêné par ses raisons. Je n’y ai pas vu de véritable raison objective pour les Français de venir dépenser 1€ minimum et désigner le candidat du Parti Socialiste et du Parti Radical de Gauche. N’ayant jamais été un véritable partisan de ces primaires, je suis certainement le mieux placé pour désigner des raisons qui ne donnent pas envie de venir voter. Par contre pour en trouver, c’est moins facile. Pour rappel, les raisons de Variae sont :

  1. Ne pas s’enfermer dans l’à-quoi-bon
  2. Traduire le mécontentement contre Nicolas Sarkozy
  3. Prouver à l’UMP qu’elle ne peut pas sévir en toute impunité
  4. Donner le coup d’envoi de la présidentielle
  5. Montrer que ce sont encore les Français qui ont le pouvoir
  6. Choisir le prochain – probable – président de la République
  7. Peser sur le candidat et le programme du parti socialiste

De ces 7 raisons, je n’en retiens que 3 qui me semblent toucher l’électeur de gauche. Les autres sont un peu légères. Ces raisons que j’exprimerai plus bas de façon différentes sont :

  • Choisir le possible prochain président de la République,
  • Peser sur le candidat et le programme du candidat,
  • Traduire le mécontentement envers Nicolas Sarkozy.

Lorsque je vais au devant des Français et que je leur parle des primaires, je mets en avant plusieurs arguments qui, il me semble, les touchent. Alors, certes, les habitants de mon quartier ne sont pas représentatif de l’ensemble de l’électorat français.

Voter aux primaires, c’est participer à une initiative démocratique inédite

En effet, les primaires citoyennes sont les premières en France. Certes, d’autres pays en sont coutumiers comme l’Italie ou les Etats-Unis mais pour la France c’est nouveau, c’est une initiative prise par les forces du progrès auquel le Peuple de Gauche est convié. L’ouverture à ceux qui se sentent de Gauche mais qui, pour des raisons diverses et tout à fait légitimes, ne sont pas des militants/adhérents politiques, associatifs, syndicalistes est une véritable opportunité d’écrire l’histoire. On ne sait pas aujourd’hui si ce sera un flop ou un top mais en tout cas, c’est bien l’histoire de la Gauche qui s’écrira le 9 et 16 octobre. Et vous ne voudriez pas en faire partie ?

Voter aux primaires, c’est décider

Décider certes mais décider de quoi ? Et bien c’est décider qui portera les couleurs de la gauche à la présidentielle de 2012, décider quelle projet sera porter par le candidat et décider quelles sont les urgences pour la Gauche. Quand je parle des urgences pour la France, je parle bien entendu de définir quelles sont les points sur lesquels la Gauche devra mettre l’accent pour gagner en 2012 et quels sont les points sur lesquels le futur président devra agir.

Voter aux primaires, c’est faire mentir la Droite

Rappelez-vous de l’attaque de la Droite contre les primaires. Jean-François Copé fait peser la menace d’un fichage des électeurs. Or contrairement à la Droite qui dont ses nombreux fichiers (LOPSSI, LOPSSI 2, STIC, EDVIGE) ont été retoqués par la CNIL, le Parti Socialiste a fait toutes les démarches auprès de la CNIL pour valider que les primaires ne seront pas une intrusion de la vie privée. Cette Droite essaie de faire peur à l’électorat de Gauche pour amenuiser la portée des primaires et donner l’assise politique la plus faible possible au candidat des forces de progrès ce qui l’empêchera de lui donner une assise populaire.

S’inscrire aux primaires vous donne des droits et un seul devoir

Oui, s’inscrire aux primaires donne des droits. D’abord le droit de vous investir auprès d’un candidat et de faire voter votre entourage pour cette personne. Aller au devant des Français pour les convaincre du bien-fondé de son candidat est un moment intense. Ensuite le droit de voter pour le candidat que vous souhaitez entre Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls. Enfin le droit de vous investir dans la campagne présidentielle pour le candidat élu. Ce sont des droits pas des devoirs. Il n’y a aucune obligation. Vous n’avez enfin qu’un devoir. C’est de voter en avril et mai 2012 pour le candidat élu des Primaires.

Participer aux primaires c’est avoir la possibilité de proposer des idées.

Vous pouvez contacter votre candidat et lui proposer des idées à défendre. Utilisez pour cela les pages Facebook ou entrez en contact avec les équipes locales de campagne, ils seront les mieux à même de transmettre le message.

Participer aux primaires, c’est enfin montrer à Nicolas Sarkozy qu’il est temps de changer la France

Avec une forte affluence venant voter, vous ferez passer un message à Nicolas Sarkozy. La Droite ça suffit ! Depuis 10 ans qu’ils gouvernent la France, ils ne se sont préoccupé que des riches. Classes moyennes et populaires ont été mis à la remorque de la politique gouvernementale. Ce ne sont pas les lois anti-immigrés et sécuritaires qui redonneront du travail aux Français. Voter aux primaires c’est donner une assise forte au candidat pour transformer la France et dire au revoir à Nicolas Sarkozy.

Et maintenant, à vous de jouer !

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La LICRA décide de refuser de débattre avec l’UMP

LICRA refuse le débat à l'UMP à cause de son racisme

Dans une lettre envoyée à Jean-François Copé, Alain Jakubowicz président de la LICRA explique les raisons pour lesquelles il refusera dorénavant de participer à un débat organisé par l’UMP.

En effet, lors du dernier débat sur les défis de l’immigration organisé par l’UMP le 7 juillet dernier, la parole raciste des militants et élus UMP s’est libérée. Conspuant les propos républicains des représentants de la LICRA tel que « l’intégration requiert un effort réciproque : tant de la personne immigrée qui doit respecter les principes de la République que de l’Etat qui a le devoir de mener une politique publique d’intégration qui passe par la lutte contre les discriminations et l’accès des étrangers à la citoyenneté ».  De même lorsque Patrick Gaubert, ancien président de la LICRA et député européen UMP a mis en avant son opposition au fichage ethnique, des cris appelant à ce que l’on pende l’élu UMP ont fusé dans l’assemblée.

Lorsque la Droite Républicaine considère que l’immigration, c’est la « colonisation à l’envers » et que « la France n’est pas une poubelle », il est temps de couper les ponts. Bravo à la LICRA pour son courage.

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Le risque Front National

Marine Le Pen présidente du Front National

A 440 jours du 1er tour des élections présidentielles, Gauche et Droite se préparent de façon bien différentes à l’élection présidentielle. Mais leur préparation semble bien trop chaotique et désordonnées pour l’instant pour pouvoir prétendre à quoique ce soit. Les forces se dispersent, les contrats de gouvernement ne sont pas -encore- signés entre les formations de gauche ou de droite. Faisons donc une revue des forces actuelle.

Primaires toutes à Gauche

Si la Gauche a choisi dans ses différents partis de se lancer dans des primaires pour désigner leurs candidats. Le Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts, le Front de Gauche (assemblage du Parti Communiste et du Parti de Gauche) ont décidé chacun de leur côté de faire leur primaire.  Certainement histoire de préparer la victoire ensemble…

On rase gratis à droite

La Droite a choisi de faire table rase de tout ce qui existait auparavant. L’UMP n’est plus qu’une coquille vide. Debout La République de Nicolas Dupont-Aignan est le premier à être parti suivi du Parti Démocrate Chrétien de Christine Boutin. Le Nouveau Centre  veut y aller tout seul. Dominique de Villepin souhaite prendre sa revanche sur l’homme qui a voulu le pendre à un croc de boucher. Même le Parti Radical Valoisien emmené par Jean-Louis Borloo se sent pousser des ailes. Et l’UMP? Nicolas Sarkozy a pris un malin plaisir à changer  quatre fois en quatre ans de Secrétaire Général : Pierre Méhaignerie jusqu’en septembre 2007, Patric Devedjian jusqu’en décembre 2008, Xavier Bertrand jusqu’en novembre 2010 et désormais Jean-François Copé. Ce n’est pas vraiment le meilleur moyen pour préparer 2012. Et autant vous dire que la façon dont ça se passe en ce moment à l’UMP, ils auront du mal à être prêts pour 2012. Si la Gauche part désunie, la Droite est en lambeau : toute leur organisation électorale est à plat. L’UMP de Nicolas Sarkozy a tout à reconstruire. Et autant dire qu’ils ont du boulot.

Le Centre dans le mou

Quelqu’un a entendu parler du Modem depuis sa création ? Personne ? Ok. Donc c’est bien ce que je disais : le mou. CQFD.

Le risque Front National

Avec une Gauche désunie, une Droite en lambeau et un Centre inexistant, quelle est l’alternative pour les Français ? L’Extrême-Droite bien entendu. Et c’est vrai qu’aujourd’hui l’Extrême-Droite est devenue une alternative crédible pour une partie des Français. A cela plusieurs raisons :

Marine Le Pen présidente du Front National

– le débat sur l’identité nationale mené par Eric Besson a permis au Front National de se montrer sous son meilleur jour : défense de la nation et de la patrie, mise en exergue de la pureté de la langue françaises et des oripeaux français (drapeau national, hymne national…)

– le changement de leader du Front National a virginisé le parti.  Plus de condamnations pour menaces de mort, coups et blessure, antisémitisme…  depuis que Jean-Marie Le Pen a tiré sa révérence. Et c’est désormais l’héritière, Marine Le Pen, qui dirige le Front National. Mais n’en doutons pas, ce n’est pas un changement de prénom mais la persistance d’un nom.

– le vieillissement de la population joue en faveur des idées conservatrices et réactionnaires. Nicolas Sarkozy a gagné parce que les plus de 60 ans ont voté majoritairement pour lui. 61% pour les 60-70 ans, 68% pour les plus de 70 ans. Ce n’est certainement pas pour les questions de travail mais plus pour les questions de sécurité du candidat Sarkozy. Sarkozy, décredibilisé sur les questions de sécurité après 5  ans de pouvoir infructueux, ne pourra plus se prévaloir de ces votes. Et vers qui se tourneront ces personnes pour la sécurité ? Le Front National !

A moins que…

Comment contrer le Front National ?

Déjà arrêter avec les manifs anti-FN, jamais une manif de SOS Racisme à Vitrolles ou partout ailleurs en France n’a permis de faire baisser le Front National. Je sais que je vais me mettre à dos mes amis de Re-So qui étaient présent à Tours pour le Congrès du Front National. Mais qu’à cela ne tienne. Manifester c’est bien mais ça ne permet pas de retourner une population. Surtout que les petits vieux qui sont la cible privilégiée du Front National ne goûtent pas vraiment aux manifestations.

Non. La meilleure façon de contrer le Front National est d’aller sur les terrains délaissés par la Gauche : nation et sécurité. Et aussi de proposer un programme qui parle à cette génération. Et là, croyez-le ou non, je pense que le Care prôné par Martine Aubry est une des solutions que la gauche peut apporter à cette génération : le contrat entre Jeunes et Anciens peut permettre de redonner de l’espérance à deux générations pessimistes sur leur futur. Les Anciens parce qu’ils voient la fin proche et qu’ils sentent que s’ils ne sont pas dans un univers sécurisé, leur vie et leur condition de vie se dégraderont encore plus vite. Les Jeunes parce qu’ils ne voient pas de futur dans une société avec un taux de chômage de 24% pour les 15-24 ans.